SCÈNE HUITIÈME
BÉCAMEL et JURANÇON.
Luiî
BEAUDÉDUIT, à Bécamel, froidement.
Monsieur, je ne comptais pas vous revoir, je vous prie de le croire... Permettez-moi de vous oiïrir cette botte de fleurs qui m'éreinte le bras...
Il la lui donne.
BÉCAMEL.
Vous êtes trop aimable... certainement. .. (Étonné.) Estce que c'est ma fête?
BEAUDÉDUIT.
Je ne sais pas... c'est la Sainte-Ursule!... Je viens de faire une demi-lieue pour vous dire que mon domestique est une canaille...
BÉCAMEL.
Comment ! . . .
BEAUDÉDUIT.
Ce polisson s'était permis de ravager votre jardin pour fleurir une Ursule.. . qu'il a...
BÉCAMEL.
Quoi ! vous avez pris la peine...?
Il pose les fleurs sur le guéridon.
JURANÇON
Quelle délicatesse!... je le reconnais bien là!.. .
BEAUDÉDUIT, l'apercevant.
Tiens! ce cher monsieur Jurançon! Enchanté!... Avez-vous toujours le même portier? c'est im être bien déplaisant! (a Bécauei.) Monsieur, il ne me reste plus qu'à vous renouveler mes très-humbles salutations.
II salue et remonte.
|f^8 UN MONSIEUR QUI PREND LA MOirCIl^ "BÉCAMliL, bas, à Jurançon près duquel il revient
Eh bien, il s'en va!
JURANÇON
Retiens-le!
BÉGAMEL, appelant.
Monsieur Beaiidéduit!
BEAUDÉDUIT, s'arrêtant
Monsieur?
BÉGAMEL, avec bonhomie.
Allons! vous dînez avec nous?... nous avons un reste de chevreuil...
BEAUDÉDUIT, redescendant et d'un ton piqué.
Certainement, monsieur, je serais extrêmement flatté de vous aider à manger... les restes... de monsieur votre chevreuil, mais. . .
JURANÇON
Vous acceptez?
BEAUDÉDUIT.
Permettez...
BÉGAMEL.
Est-ce parée que je ne vous invite pas huit jours à l'avance?
BEAUDÉDUIT.
Mais il me semble...
BÉGAMEL.
D'abord, si vous me refusez, je croirai que vous êtes susceptible I
BEAUDÉDUIT, viveiMent.
Moi, susceptible? J'accepte, monsieur!