ACTE PREMIER. 3f
CÉLniARE.
Cachez ça : j'aime mieux tout dire... oui, belle maman, j'ai aimé une femme : vous pensez bien que je ne suis pas arrivé à mon âge... oui, j'ai été chez elle tous les soirs pendant cinq ans...
MADAME COLOMBOT.
Pendant cinq ans...
BOCARDON.
Tous les soirs... je réclame...
Mais d'un mot je puis dissiper vos inquiétudes : depuis six mois, cette femme n'est plus... une fin tragique et prématurée est venue l'enl-ever à mon affection... et à l'estime de son mari.
BOCARDON, à part.
Il y a un mari : je conterai ça à Ninette, ça la fera rire!
MADAME COLOMBOT.
Et cette femme peut-on savoir?...
CÉLIMARE.
Impossible : il faudrait vous la nommer et son mari existe...
Il remonte un peu.
BOCARDON.
Il ne serait pas content.
MADAME COLOMBOT.
Qui m'assure que vous ne me faites pas une histoire?,^.
BOCARDON.
Ah ! belle maman !
MADAME COLOMBOT.
uonnez-moi votre parole d'honnête homme..* ^^
32 CÊLIMARE.
CÉLIMARE.
Oli!... je VOUS en donne ma parole d'honneuri
Paul... je vous crois.
Elle déchire la lettre en deux et en jette un morceau du ^ôté de Qélimare et l'autre du côté de Bocardon.
CÉLIMARE, à part.
Sauvé! (il ramasse vivement le morceau. A part.) La lettre! Il la froisse et la jette au feu.
BOCARDON, à part.
Il s'en tire... il n'y a que le mari...
MADAME COLOMBOT.
Ceci est entre nous... je n'en parlerai ni à ma fille ni à mon mari.
CÉLIMARE.
Je vous en prie... et soyez sûr qu'à l'avenir...
MADAME COLOMBOT.
Oh! je suis tranquille... votre âge me répond de vous.
CÉLIMARE, à part.
Mon âge... décidément ils me prennent pour un infirme.
MADAME COLOMBOT, remontant.
Je retourne auprès de ma fille, je reviendrai tantôt accompagner le trousseau.
CÉLIMARE, la sal-uant et l'accompagnant.
Belle maman... ah! j'oubliais : nous aurons trois convives de plus.
Gomment! vingt et un couverts?...