SCÈNE DIX-HUITIEME
ÉLISA, bas.
Très-bien!
BERNARD
Qu'avez -vous donc?
ÉLISA
Rien... c'est mon mari qui insiste pour me faire accepter votre bras pour mardi...
CARBONNEL, stupéfait.
Moi?
BERNARD
A la bonne heure !
ÉLISA
Je vous préviens que je serai belle... très-belle! Et, si l'on danse... (Appuyant.) j'invite le colonel!
CARBONNEL, bas et vivement.
Non!... j'aime mieux rendre les clefs!
II les rend ÉLISA, bas. Merci! (Haut, à Bernai d, détachant un bracelet.) Colouel... VOici
votre bracelet.
CARBONNEL, bas.
Et l'autre!
ÉLISA, à son mari.
Mon ami... prête-moi ta bourse?
CARBONNEL, bas.
L'autroS
ÉLISA, bas.
Votre bourse?
CARBONNEL, la lui remettant,
La voilà !
ÉLISA
Merci! (Remettant le second bracelet à Bernard.) Colonel... CÀRBONNEL, à part.
Me revoilà avec mes sept francs !
ISIDORE, entrant, avec une note à la mais
Monsieur, il y a là un garçon frisé, de chez Véfour...
CARBONNEL, à part.
Ah! mon Dieu! la note!...
ISIDORE
Il dit que ces messieurs ont fait ouvrir les huitres.., qu'ils les ont mangées... (Présentant la note.) Total, cent soixante-neuf francs.
CARBONNEL, bas, à Élisa.
Rends-moi la bourse?
ÉLISA
Oh! que non!... (Donnant la bourse à Isidore.) Payez et rap-
portez-moi le reste.
Isidore sort.
CARBONNEL, avec une fureur concentrée.
Et devant lui !
BERNARD, à Élisa.
A quelle heure, madame, pourrai-je vous prendre demain, pour aller choisir ma corbeille?
CARBONNEL
Comment, votre corbeille!... vous vous mariez?
BERNARD
Je suis venu de Marseille exprès pour ça!
CARBONNEL
Vous étiez à Marseille?