‹ Theatre complet de Eugene Labiche (volume 4)Chapitre 271 sur 364 · SCÈNE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DIX-HUITIÈME

BERNARD

Depuis quinze mois... Je suis arrivé ce matiu.

CARBONNEL

Ce matin!... de Marseille!... (Respirant.) Mais alors, ces lettres, ces bouquets?...

Quelles lettres?... quels bouquets?...

CARBONNEL

Rien!... une affaire de ménage.

BERNARD, remontant et appelant.

Isidore!... (Isidore rentre.) Tu vas me porter cela...

Il lui remet les bracelets et lui parle bas. CARBONNEL, bas, à sa femme.

Il parait que nous nous sommes moquée de notre petit mari?

ÉLISA, gaiement.

J'en ai peur!

CARBONNEL

C'est charmant! (a part.) Alors, elle va me rendre les clefs! (Haut.) Colonel, venez donc par ici... que je vous raconte une anecdote.

BERNARD, sans redescendre.

A moi?

CARBONNEL

Figurez-vous que ma femme...

ÉLISA, bas.

Taisez-vous!... je vous pardonne I

BERNARD

Vous dites que madame...?

ÉLISA, bas, suppliant.

Mon ami?...

CARBONNEL, bas.

Les cMs! ou je dis tout!

ÉLISA, effrayée.

Les voici !

CARBONNEL, triomphant.

Je les ai !

BERNARD, redescendant en scène. — Isidore sort.

Eh bien, votre anecdote?

CARBONNEL

Rien!... une affaire de ménage L.. (Avec effusion.) Ah!... colonel! mon ami!... car vous êtes mon ami!... je ferai arranger la cheminée... L'appartement est de douze cents francs... sans portes ni fenêtres... Vous dinez avec nous?... (Par réflexion.) Tiens! j'invite aussi le colonel.

Élisa passe au milieu pendant l'ensemble.

ENSEMBLE

AIR

Enfin, la paix et le bonheur Sont revenus dans le ménage; Fasse le ciel qu'aucun nuage Ne trouble ce calme enchanteur !

CARBONNEL, au public.

AIR de Mangeant.

Dans le régiment dramatique, Soldats, tous présents à l'appel. Nous marchons au pas gymnastiquô Sous les regards d'un colonel.

BERNARD

Toujours juste et jamais cruel, Ce colonel... c'est le parterre J

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