SCÈNE SEPTIÈME
FOURCHEYIF.
C'est convenu.
LAMBERT
OÙ Col ma chambre ?
FOURCHEYIF.
Votre chambre?
L\MBERT.
Il faut bien que je sois là pour vous voir à l'œuvre.
FOURCHEYIF.
Ah ! oui.
LAMBERT
Cela paraît vous contrarier ; voilà déjà un faux pas.
FOURCHEYIF.
Comment ?
LAMBERT
L'hospitalité est une vertu de race.
FOURCHEYIF.
Et je sais la pratiquer ! Voulez-vous nous faire l'amitié de manger la soupe avec nous ?
La soupe?
FOURCHEYIF.
Non, de dîner avec nous, (indiquant le fond, à gauche.) Voici votre chambre ; il y a un carreau en papier, mais on attend le vitrier... (a part.) depuis trois ans.
LAMBERT, regardant les portraits d'ancêtres.
Les voilà, ces nobles têtes !
FOURCHEYIF.
Nos ancêtres! j'ai l'intention de les faire revernir.
^ LÂ.MBETIT.
Me pardonneront-ils le compromis que je vien< de faire avec vous?
FOURCHEVIF.
Ah ! qu'est-ce que ça leur fait ?
LAMBERT
Voici Hugues-Adalbert de Fourchevif ; il a été aux croisades.
FOURCHEVIF.
Ah! il a été...? (a part.) Ça fera plaisir à ma femme. (Haut.) Il est bien noir! c'est le climat.
LAMBERT, regardant un panneau du mur, derrière le bureau, et riant.
Ah ! ah ! je le reconnais, c'est bien ça.
Quoi donc ?
LAMBERT
Une histoire que m'a racontée souvent mon grand-père.
{Frappant sur le panneau.) Il J a un bailli là dedans. FOURCHEVIF.
Dans le mur ?
LAMBERT, s'asseyant sur un canapé
Oui, il est là depuis 1623. Il avait osé lever les yeux su. la femme de Raoul, seizième baron de Fourchevif. Raoul revenait de la chasse... le bailli effrayé se jette dans un placard. . . éternue ... et aussitôt Raoul fait murer le placarde
FOURCHEVIF.
Ah ! mon Dieu ! parce qu'il avait éternué ?
LAMBERT
Le lendemain, on découvrit que les soupçons de Raoul n'étaient pas fondés.