SCÈNE SEPTIÈME
LAMBERT, se levant.
Ah ! si TOUS n'êtes pas riche, n'en parlons plus, ça ne peut pas s'arranger.
FOURCHEYIF.
Eh, bien, oui, la ! je suis riche, je suis très-riche... dans une certaine mesure.
LAMBERT
Alors, nous pouvons causer; asseyez-vous.
Il le fait asseoir sur la chaise qu'il vient de quitter et en prend une autre.
FOURCHEVIF, à part.
Qu'est-ce qu'il va demander, mon Dieu ?
LAMBERT
Je vous ai dit que j'avais quitté mon nom parce que ma position de fortune ne me permettait pas de le soutenir dignement.
FOURCHEVIF.
Oui.
LAMBEBT.
Eh bien, si je consentais à vous le laisser porter, à vous qui êtes mieux partagé que moi, prendriez- vous l'engagement sérieux de lui rendre son ancien lustre ?
FOURCHEVIF.
Qu'entendez-vous par là ?
LAMBERT
J'entends que vous le tiriez de l'oubli, que vous le fassiez fôj^onner de sa splendeur passée, enfin que vous le portiez haut et ferme, comme il convient à un baron de Fourchevif.
FOURCHEVIF.
Et après ?
LAMBERT
Voilà tout. ^^
FOURCHEVIF, joyeuX. 1^"'
Comment ! vous ne demandez que ça ?
LAMBERT
Prenez garde! je vous demande peut-être plus que vous ne pourrez me donner. Autrefois, nous habitions ici une splendide demeure.
FOURCHEVIF.
Vous trouvez que c'est mal tenu ?
LAMBERT
Mais franchement...
FOURCHEVIF.
Très-bien, je vais faire repeindre la façade du château... à l'huile !
LAMBERT
Ce n'est pas tout que le château soit repeint, il faut qu'un gentilhomme l'habite, et voilà le difficile.
FOURCHEVIF.
Mais je sais être gentilhomme, voilà dix-huit ans que je pratique.
LAMBERT
Enfin, je veux bien vous essayer.
FOURCHEVIF.
Comment, m'essayer ?
LAMBERT
Oui, c'est une expérience ; je vous ï^rête le nom de mes pères, mais prenez-y garde, si vous laissez passer l'oreille du bourgeois, je le reprends ; je le remets dans la poche de l'artiste.
Ils se lèveat.