SCÈNE DOUZIÈME
FOURCHEYIF.
Nous avons le cheptel simple... le cheptel à moitié et le cheptel de fer.
ROUQUÉROLLE.
C'est le plus sohde.
rOURCHEVIF.
Non... moi, je préfère le cheptel à moitié.
ROUQUÉROLLE.
Chacun son idée. M. le baron ne fume pas?
FOLRCHEVIF.
Mais non ! (a part.) Quel drôle d'intendant ! (Haut.) Il est bon de vous dire que j'ai quatorze cents têtes de moutons.
ROUQUÉROLLE, étonné.
Quatorze cents ! (a part.) Qu'est-ce qu'il peut faire de toutes ces têtes-là?
FOURCHEYIF.
Quand je dis quatorze cents... mon fermier en a la moitié.
ROUQUÉROLLE.
Alors, reste à quatorze cents demi-têtes... c'est déjà bien gentil !
FOURCHEYIF.
Voici l'article 14, sur lequel j'appelle toute votre attention.
ROUQUÉROLLE.
Allez!...
FOURCHEYIF, après avoir mis ses lunettes.
« Le preneur sera tenu de garder ledit cheptel par lui
et ses gens ; il devra justifier de toutes morts naturelles par le rapport des peaux... »
ROUQUÉROLLE.
Le rapport des peaux ?
FOURCHEVIF.
Oui... Ainsi, quand un mouton mourra, il sera tenu de montrer sa peau.
ROUQUÉROLLE.
Le mouton ?
Non, le fermier.
ROUQUÉROLLE.
La peau du fermier ?
FOURCHEVIF.
Non, la peau du mouton.
ROUQUÉROLLE.
La peau de la tête ?
FOURCHEVIF.
Eh non ! toute la peau ! (a part.) Il est stupide ! (Haut, reprenant sa lecture.) « Tous ravissements de loups et autres morts violentes se justifieront comme faire se pourra. »
ROUQUÉROLLE.
Tiens ! vous avez des loups ?
FOURCHEVIF.
Ne m'en parlez pas I L'hiver dernier, ils ont maû^ô seize moutons.
ROUQUÉROLLE.
Bravo ! c'est splendidel