SCÈNE DOUZIÈME
FOURCHEVIF.
Qu'est-ce qui est splendide?
ROUQUÉROLLE.
Vos loups !... Ça devient très-rare ! En Angleterre, on les achète... nous les chasserons... Chasser le loup, c'est un de mes rêves ! 11 nous faudra des chevaux, une meute, des piqueurs.
FOURCHEVIF.
Permettez...
ROUQUÉROLLE.
Je me charge de vous trouver tout cela, soyez tranquille! Nous nous arrangerons une vie de Polichinelle'
Il lui frappe sur l'épaule.
FOURCHEVIF, se levant impatienté.
Une vie de Polichinelle !
ROUQUÉROLLE, se levant.
Par exemple, votre mobilier est triste... oh! qu'il est vilain !
FOURCHEVIF.
Comment!... c'est de l'acajou... verni!...
ROUQUÉROLLE.
Précisément; il vous faut du vieux chêne, des bahuts, des tables, des fauteuils de style, des chenets en fer de l'époque.
FOURCHEVIF.
Pourquoi pas en or?
^ R0UQUÉR0LL3.
Ah! dame, quand on est baron, quand on a des papaa qui ont été aux croisades, on ne se meuble pas comme un passementier!
FOURCHEVIF, à part.
Ahî mais il m'ennuie, celui-là!
ROUQUÉROLLE.
Dites donc, baron, une confidence.
FOURCHEVIF.
Quoi encore?
ROUQUÉROLLE.
Je n'ai pas déjeuné. (Mettant la main sur son estomac.) Ça
fait cri cri!
FOURCHEVIF.
Ah! VOUS n'avez pas...? C'est bien, je vais voir à l'office, (a part.) Je crois qu'il reste de la dinde. (Haut.) Tenez, en attendant, faites mes quittances de loyer...
ROUQUÉROLLE.
Moi?
FOURCHEVIF, prenant un papier sur la table.
Voici la liste de mes locataires... avec les sommes à tou' cher... vous n'aurez qu'à copier.
ROUQUÉROLLE.
Franchement, je n'aime pas beaucoup ce travail-là.
FOURCHEVIF.
En vérité! (a part.) Dès que l'autre sera parti, en voilà un que je ilanquerai à la porte.
Il entre à droite, au fond.