SCÈNE II
PONTCHARRAT, HENRIETTE, GINDINET.
GINDINET, paraissant avec un martinet à la main et parlant à la cantonade.
Oui, vous êtes des anarchistes! des terroristes! des communistes !
PONTCHARRAT.
Ah! mon Dieu ! qu'y a-t-il?
GINDINET.
Père Pontcharrat! Thydre de l'anarchie est entrée dans mon école! ma chaire a été violée!
PONTCHARRAT.
Vous m'effrayez.
GINDINET.
C'est encore la faute de Marmadou... c'est toujours la faute de Marmadou !
PONTCHARRA'»'
Qui ça?....
GINDINET.
Un de mes élèves, le chef de la montagne, un gueux.
un brigand, un scélérat! je ne peux pas le regarder sans frémir!... ah!
Quel âge a-t-n?
GINDINET.
Mais il va avoir huit ans...
HENRIETTE, à part.
Il ne lui manquait plus que d'être poltron.
GINDINET.
Voici le récit de l'attentat. Conformément au 273® décret du Gouvernement provisoire qui nous enjoint de donner aux enfants une éducation civique et militaire, je lui demande avec bienveillance : « Citoyen Marmadou, qu'entendez- vous par venir reconnaître trouille? » savezvous ce qu'il me répond ?
PONTCHARRAT.
Non.
GINDINET.
Il me répond : Zut!... aussitôt je saisis le glaive de la justice, mon martinet, et je lui apphque..
PONTCHARRAT.
Une danse ?
GINDINET.
Non, un pensum : je lui apphque deux fois le verbe : Jt réponds zut au bon M. Gindînet^ qui mHnterroqe avec bienveillance.
PONTCHARRAT.
Voilà un verbe !
GINDINET.
Àa xuême instant, une grêle de dictionnaires, de caté-