ACTE DEUXIÈME. SI
MADAME COLOMBOT, à part.
Toujours gai! (Haut.) Avez-vous déjeuné?
BOCARDON.
C'est fait... (a Céiimare.) Je viens te chercher.
CÉLIMARE, se levant.
Moi? pourquoi?
BOCARDON.
Elle est partie...
CÉLlilARE.
Qui ça?
BOCARDON.
La cuisinière... Il y a encore eu des mots ce matin... et ma foi!... elle est partie!
CÉLIMARE.
Eh bien, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse?
BOCARDON.
J'en ai deux en vue... une Picarde et une Bourguignonne. Il faut que tu les voies.
CÉLIMARE, impatienté.
Ahl mon ami, je n'ai pas le temps... C'était bon autrefois!
BOCARDON.
Pourquoi, autrefois?
CÉLIMARE.
Parce que... je suis marié!...
BOCARDON.
Eh bien, moi aussi, je suis marié!... (a Emma.) Madame, je vous préviens que je vous le prendrai souvent... Nous ne faisons rien sans lui.
58 GÉLIMARE.
EMMA
Mais mon mari sera toujours heureux de se mettre à votre disposition...
BOCARDON, revenant à Gélimare.
Allons ! tu as la permission... Prends ton chapeau.
CÉLIMARE.
Non... Je ne suis pas en train... Je ne sortirai pas aujourd'hui.
BOCARDON.
Alors, veux- tu que je t'envoie les deux cuisinières?
CÉLIMARE.
Eh! je ne m'y connais pas, en cuisinières! (a part.) Estce qu'il ne va pas me lâcher?
BOCARDON.
Il ne s'y connaît pas! (aux autres.) C'est lui qui nous les donne toutes!
Tous se lèvent de table.
PITOIS, entrant.
Peut-on ôter le couvert?
EMMA
Oui.
Il débarrasse la table, met tout dans le buffet, et sort en emportant la table desservie.
MADAME COLOMBOT.
En vérité, mon gendre, vous êtes bien peu complaisant pour vos am:S.,.
BOCARDON.
Ne le grondez pas, il a ses nerfs... Ah! je savais bien que j'avais encore quelque chose à te dire... C'est pour notre papier de salle à manger. Le veux-tu couleur marbre ou bois ?