ACTE TROISIÈME
CÉLIMARE.
Moi?... Ah bien, vous ne me connaissez pas!
VERNOUILLET
Mais ce n'est pas ma faute... Votre lettre me disait bien : «Venez me voir!... » mais vous avez oublié de me donner votre adresse.
Ah bah!... pas possible!...
EMMA
Quelle étourderie 1 .. .
VERNOUILLET
Voilà huit jours que je vous cherche ! Mais j'ai eu un éclair... un éclair du cœur!... Je me suis rappelé que vous étiez abonné au Constitutionnel.
CÉLIMARE.
Bon!
VERNOUILLET
Je me suis dit: « Il doit se faire envoyer son journal à la campagne; » je suis allé au bureau... On a refusé de me donner votre adresse sans un mot de vous... Je leur ai expUqué que je ne pouvais pas apporter un mot de vous, puisque je ne savais pas où vous étiez... Alors, on m'a fermé le guichet sur le nez.
CÉLIMARE, à part.
Très-bien ! voUà un bon journal ! Je vais renouveler mon abonnement.
VERNOUILLET
Je ne nie suis pas rebuté... j'ai demandé un ^endezvous au rédacteur en chef... pour une communication importante... Il m'a reçu... Je lui ai exposé ma demande; il m'a renvoyé au gérant, qui m'a renvoyé au chef des
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départs de la province, qui m'a renvoyé à celui de Paris, qui m'a renvoyé à celui de la banlieue... Ça a duré quatre heures... Enfin, j'ai vu votre bande : Auteuil, rue La Fontaine, 44... Votre abonnement finit le premier octobre... Et me voilà!...
CÉLIMARE, lui serrant la maio.
Ohl merci! (a part.) Je me désabonne.
VERNOUILLET
L'amitié rend l'homme ingénieux!... il faut tâcher de transpirer.