ACTE PREMIER
BEnNÀBD, 8*asseyant, en face de son maître, sur la petite cais<;0
dans laquelle était la porce)aiae«
Moi, capitaine ?
HORACE
Parbleu ! Est-ce que tu te figures que tu vas me quitterT Est-ce que tu voudrais retourner au pays, par hasard ?
BERNARD
Oh! le pays pour moi... c'est mon capitaine I
A la bonne heure I... Je n'oublierai jamais, Bernard, que nous avons passé ensemble une dizaine d'années passablement vagabondes et accidentées.
BERNARD
On peut dire que nous en avons mangé de toutes les couleurs.
HORACE
Et si je suis ici, solide et bien portant, c'est grâce à toil
BERNARD
Allons doncl...
HORACE
Te souviens-tu du joU coup de sabre que j'ai reçu d Montebello, en Italie?
BERNARD
Oh! une écorchure!
HORACE
Oui, une écorchure qui me prenait depuis le haut de la tète jusqu'au bas du nez... Ah! je croyais que tout était fini... j'étais à terre... les yeux tournés vers le ciel,,, comme tout honnête homme qui va partir.
lU 23.
BERNARD
Je connais ça... on cherche la porte de sortie...
Lorsqu'un, de mes braves hussards s'est élancé au milieu de la mêlée, m'a placé sur son cheval et m'a ramené à l'ambulance au milieu d'une mitraillade. C'était toi, Bernard 1
BERNARD, braaquement.
Je ne me souviens pas de tout ça, moi! D'ailleurs, c'est recollé !
HORACE
Ce jour-là le capitaine Tic a dit à Bernard : « Mon vieux, quand on a vu ensemble la mort de si près, il ne faut plus se quitter. »
BERNARD
Et vous avez eu la bonté de m'attacher à votre personne pour la vie...
HORACE
Puisque tu n'as pas voulu que je te fasse des rentes,
imbécile!... (Horam 8a lève, et Bernard va déposer la petite caisse
•ar une chaise A droite.) Mais il ne s'agit pas de cela... nous voici rentrés dans le civil, réintégrés dans le giron de la famille... avance un peu à Tordre!
BERNARD, milita irninent.
Présent, capitaine!
HORACE
Politesse et bonne humeur avec tout le monde, et ref?pect aux femmes de chambre... j
BERNARD, désappointé \
Ah I saperlottel
HORACE
Aux femmes de chambre de la maison, bien entendu 1
BERNARD
Et les autres?
HORACE
Cest une affaire entre toi et ta conscience !
BERNARD
Suffît... nous tâcherons de nous arranger ensemble... Ensuite ?
HORACE
Ensuite, comme il faut donner la meilleure idée de Féducation de Tarmée française... tu me feras le plaisir de trouver tout charmant, parfait, ravissant !
BERNARD
Convenu!
HORACE
Et dans tes moments perdus... quand tu t'ennuieras, et si ça te fait plaisir, tu donneras un coup de main aux gens de la maison... mais tu n'es pas forcé!
BERNARD
Soyez tranquille... on ne boudera pas!
MADAME DE GUT, en dehors.
Horace! Horace! où est-il?... Il est arrivé, il est ici?
Ma tante!... (a Bernard.) File!...
Bernard entra A droite en emportant la caisse,