‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 5)Chapitre 284 sur 354 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

courant d'air frais qui m*arrivait de la France, de la famille!...

LUCILE, à part, s'essuyant lea yeux.

Pauvre garçon !

Mais finis donc... Tu me fais pleurer!

HORACE, gaiement à sa tante.

Dites donc! nous sommes entrés ensemble dans Pékin!.. Qiôche allumée !... Vous étiez superbe^ ma tante!...

Gomment! je suis entrée dans Pékin!...

HORACE

En photographie!... Je vous avais roulée dans mes trois chemises, pour vous protéger!...

Comment! tu n'avais que trois chemises?...

HORACE

Et je ne suis revenu qu'avec deux!... Il y a là-bas une blanchisseuse... qui manque de délicatesse... Mais la paix est signée !...

Mon cousin, racontez-nous donc ce que vous êtes devenu depuis dix ans.

Oui, conte-nous tout cela ! . . .

HORACE

Tout?... Oh! non! je vous en raconterai des petits mo^ ceaux... (a part.) A l'usage de la famille!

Madame de Guy-Robert va prendre une chaise, la place au milieu du théâtre et y fait asseoir Horace; puis madame de Guy avance une autre chaise et s'assied près d*Horace. — Lucila ■t*est assise à gauche près d^Horace, sur le petit tahouret.

Assieds-toi là, près de moi !

HORACE

le commence : Ponr faire une bonne brique, on I? met dans le four; ponr faire un bon soldat, on renvoie en Afrique : faidonc débuté par l'Afrique! Franchement, je n'y ai rien fait de remarquable, je me suis laissé cuire.

LUCILE

Eh bien, et les Arabes?

HORACE

Ohl il n'y a plus rien à faire avec eux... c'est un peuple fatigué... (Avec dédain.) Ça laboure et ça promène des moutons... Une fois, cependant, je me suis trouvé enfermé dans un petit fortin, avec quinze hommes, sur les limites du Sahara... C'est là qu'il fait chaud, ma tante!... Au fait, vous y étiez!...

Moi?

HORACE

Grâce à Nadarl... Nous étions cernés par des tribus ennemies qui rôdaient autour de nous, comme des troupeaux de loups affamés...

LUCILE

Ah! mon Dieu!

HORACE

Mais nous les tenions à distance avec une petite pièce de quatre qui semblait les contrarier vivement... Au bout de vingt et un jours, je m'aperçus que nos provisions étaient épuisées : ni pain, ni eau I

Ni pain, ni eaut

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