‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 107 sur 303 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

fiCÈNE IX.

ERNEST, MARIE, puis AUGUSTE.

ERNEST, à part.

Brrr! Ordinairement je porte de la flanelle... mais un tour de noces... je sens que je m'enrhume. (Haut.) Je vous demanderai la permission de remettre mon paletot.

MARIE

Et moi, mon manteau...

ERNEST, mettant son paletot et son cache-nea.

Il fait un froid de loup...

MARIE, à part, mettant son manteau.

Je suis gelée...

ERNEST, à part.

Un jour de noces... quel drôle d'uniforme I... C'est égal...

je sens la chaleur qui revient. (S'approchant de Marie, et tendrement.) Mademoiselle... non, permettez-moi de vous appeler Marie... ma chère Marie...

MARIE, frappant le parquet du pied.

Mon Dieu, que j'ai froid aux pieds!

ERNEST

Voulez-vous une chaufferette?

AUGUSTE, entrant avec une feuillo de papier

Voilà l'affaire!...

ERNEST

Quoi?

AUGUSTE

Le carreau! (ll coUe le carreau en papier sur la fenêtre.) Au

moins, si vous cassez celui-là.. c ça ne vous coûtera pas cher.

ERNEST

Mon ami, voulez-vous avoir l'obligeance d'ai.>i?orter une chaufferette pour madame?

AUGUSTE

Une chaufferette?

ERNEST

Vou« devez en avoir.

Il y en a une... mais je ne sais pas si elle est complète... je vais voir.

Il sort.

MARIE

Il faut avouer que nous ne pouvions pas plus mal tomber.

Tous deux arpentent la scène en frappant du pied pour se réchauffer.

ERNEST

C'est l'installation qui est pénible... mais, une fois que nous aurons pris nos petites habitudes... Ce carreau... en papier... est déjà une amélioration... Je semais sur la ni'ique un courant d'air...

MARIE

Tiens ! voilà le feu qui prend !

ERNEST

C'est, ma foi, vrai! (La faisant asseoir devam la cheminée.)

Approchez-vous! chauffez -vous les pieds...

MARIE

Ah ! avec plaisir.

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