SCÈNE NEUVIÈME
ERiNEST, s'asseyant près d'elle.
Notre horizon s'éclaircit!... un bon feu... un bon souper el... (Lui prenant la main.) Marie !... permettez-moi de vous appeler Marie...
MARIE, baissant le& yeux.
Je le veux bieo, monsieur.
Et vous... vous m'appellerez Ernest... plus tard!...
MARIE, vivement.
Oh I pas devant le monde !
ERNEST
Non!... quand nous serons seuls... tous les deux, votre main dans la mienne... comme en ce moment... moment délicieux! (se levant et à part.) Ah! j'ai trop chaud maintenant... (il ôte son paletot ain.<5i que son cache-nez. Marie laisse tomber son manteau sur sa chaise. Ernest, revenant s'asseoir près d'elle.)
Marie... permettez-moi de vous appeler Marie I... c'est la première fois que je me trouve vraiment seul avec vous... car, en chemin de fer, nous avions dans notre compartiment... un capitaine de dragons dont la présence m'empêchait de vous exprimer tous mes sentiments...
MARIE
Ohl... il sentait afTreusement le cigare! Fumez- vous monsieur?
ERNEST
Moi, je fume... c'est-à-dire... je fume quand on Je désire...
MARIE
Eh bien, moi, monsieur, je ne le désire pas!
ERNEST
Cela suffit, mademoiselle, un mot de vous..
MARIE
Papa dit qi'.e tous les fumeurs deviennent fous ou imbéciles...
ERNEST
Ohl... monsieur voire père a des idées...
MARIE
Quoi?
ERNEST
Un peu arriérées...
MARIE
Encore!... Ah! je le vois bien... vous n'aimez pas mon père !...
ERNEST
Mais si!
MARIE, lui tournant le dos.
C'est de l'antipathie!...
ERNEST
Je VOUS jure... (Se mettant à genoux devant elle.) Voyons,
Marie... ma petite Marie... ne me boudez pas... mais votre père... je l'adore... et vous aussi!...
Il l'embrasse. Auguste paraît avec une chaufferette à la maiu et un oreiller sous le bras. Ernest, surpris à genoux, prend le soufdet pour se donner une contenance et lui fait rendre des cris plaintifs.
AUGUSTE
Monsieur, c'est la chaufferette... il manque le couvercle.
ERNEST, se relevant.
Cest inutile... le feu est pris...
AUGUSTE
Cà, c'est votre oreiller.,.