‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 108 sur 303 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

ERiNEST, s'asseyant près d'elle.

Notre horizon s'éclaircit!... un bon feu... un bon souper el... (Lui prenant la main.) Marie !... permettez-moi de vous appeler Marie...

MARIE, baissant le& yeux.

Je le veux bieo, monsieur.

Et vous... vous m'appellerez Ernest... plus tard!...

MARIE, vivement.

Oh I pas devant le monde !

ERNEST

Non!... quand nous serons seuls... tous les deux, votre main dans la mienne... comme en ce moment... moment délicieux! (se levant et à part.) Ah! j'ai trop chaud maintenant... (il ôte son paletot ain.<5i que son cache-nez. Marie laisse tomber son manteau sur sa chaise. Ernest, revenant s'asseoir près d'elle.)

Marie... permettez-moi de vous appeler Marie I... c'est la première fois que je me trouve vraiment seul avec vous... car, en chemin de fer, nous avions dans notre compartiment... un capitaine de dragons dont la présence m'empêchait de vous exprimer tous mes sentiments...

MARIE

Ohl... il sentait afTreusement le cigare! Fumez- vous monsieur?

ERNEST

Moi, je fume... c'est-à-dire... je fume quand on Je désire...

MARIE

Eh bien, moi, monsieur, je ne le désire pas!

ERNEST

Cela suffit, mademoiselle, un mot de vous..

MARIE

Papa dit qi'.e tous les fumeurs deviennent fous ou imbéciles...

ERNEST

Ohl... monsieur voire père a des idées...

MARIE

Quoi?

ERNEST

Un peu arriérées...

MARIE

Encore!... Ah! je le vois bien... vous n'aimez pas mon père !...

ERNEST

Mais si!

MARIE, lui tournant le dos.

C'est de l'antipathie!...

ERNEST

Je VOUS jure... (Se mettant à genoux devant elle.) Voyons,

Marie... ma petite Marie... ne me boudez pas... mais votre père... je l'adore... et vous aussi!...

Il l'embrasse. Auguste paraît avec une chaufferette à la maiu et un oreiller sous le bras. Ernest, surpris à genoux, prend le soufdet pour se donner une contenance et lui fait rendre des cris plaintifs.

AUGUSTE

Monsieur, c'est la chaufferette... il manque le couvercle.

ERNEST, se relevant.

Cest inutile... le feu est pris...

AUGUSTE

Cà, c'est votre oreiller.,.

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