SCENE DOUZIEME
MARIE
Vous êtes enrhumé?
ERNEST
Non... ce n'est rien... Marie... pemiettez-mui de vous appeler Marie!... Je vous le dis du fond du cœur... ce que j'aime avant tout... c'est le bruit harmonieux de vos pas... (il se mouche.), c'est Ic frissonnement de votre robe... c'est... (il se mouche, à part.) Ah! je dcviens impossiblel
(Haut, avec résolution.) Marie!...
MARIE
Monsieur?
ERNEST
Je vais peut-être vous faire bondir... Si nous retournions à Paris... chez nous?
MARIE
Oh! ça, avec plaisir... tout de suite I
ERNEST
C'est-à-dire après souper.
MARIE
Comment, monsieur, vous aurez le courage de souper... et de vous faire servir par ce garçon?...
Pourquoi pas?
MARIE
Si vous saviez...
fiODAIS, qui est entré, suivi de deux garçons portant une tabla servis.
Monsieur est servi.
ERNEST
Ah I ce n'est pa? malheureux i Nous repartons dans une heure
MARIE
Le plus tôt possible.
ER.NEST
Chargez-vous de nous procurer une voiture.
GODAIS.
Est-ce que monsieur n'est pas content de la maison?
ERNEST, se mouchant.
Mon ami... je n'ai apporté qu'une douzaine de mouchoirs... et je vois que c'est insuffisant...
GODAIS.
Je puis en prêter à monsieur.
ERNEST
Merci, mon ami.
GODAIS.
Comme monsieur voudra... et, dès qu'Auguste sera rentré...
MARIE
Ahl... il est sorti?
GODAIS, en sortant.
Il est parti comme un fou, pour envoyer une uépêche à Julie.
MARIE
A sa femme?
ERNEST, bondissant.
Comment!.-. Julie î... c'est sa femme?
MARIE
Sans doute... Qu'avez-vous donc?