‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 140 sur 303 · SCÈNE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DOUZIÈME

MADAME POilADOUR, rapercavant.

Lui!

ADOLPHE, à part.

Elle! (Haut.) Ah! vraiment, madame, je suis honteux de me présenter devant vous, et je ne sais comment me faire pardonner ma... petite vivacité de tantiit.

MADAME POMADOUR.

Ah 1 monsieur, c'est bien mal !

ADOLPHE

Ah! oui, surtout de s'être laissé pincer.

MADAME POMADOUR.

Mais non, monsieur, c'est votre conduite qui est impardonnable.

ADOLPHE

Que voulez-vous!... avec une pareille température...

MADAME POMADOUB.

Comment?

ADOLPHE

Vingt-neuf degrés à l'ombre! il faut tenir compte de

cela.

MADAME POMADOUR.

Je n'ai pas envie de rire, monsieur; vous allez vous battre avec mon mari?

ADOLPHE

Dame, puisqu'il me cherche querelle.

MADAME POMADOUR.

M. Pomadour est père de famille... il a une femme...

Charmante!

MADAME POMADOL'R.

Et un flls... qui est au collège... il travaille très-bien..,' ges notes sont excellentes.

ADOLPHE

Mon compliment, madame; c'est une grande satisfaction pour les parents.

MADAME POMADOUR.

Plus tard, cet enfant aura besoin de son père pour le guider dans le monde.

ADOLPHE

C'est un devoir.

MADAME POMADOUR.

Pauvre enfant! le voyez-vous, abandonné à lui-même, seul, sans soutien, sans appui...

ADOLPHE

Oh! vous vous exagérez...

MADAME POMADOUR.

Tandis que vous, vous êtes célibataire, aucun lien ne vous rattache à l'existence.

ADOLPHE

Ah! permettez...

Lesquels?

ADOLPHE

Mais les femmes, les truffes et la musique.

MADAME POMADOUR.

Cela ne compte pas... Donc, vous êtes complètement inutile sur cette terre.

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