SCÈNE DOUZIEME
ADOLPHE
Ah! pardon! si vous me connaissiez mieux, j'aurais la prétention de vous faire changer d'avis.
MADAME POMADOUR.
Enhn, monsieir, après ce qui s'est passé... je crois avoir le droit d'espérer que vous ne vous défendrez pas.
ADOLPHE
Encore! Ah! permettez, madame, on m'a déjà fait cette gracieuse proposition... et j'ai eu le regret de la refuser.
MADAME POMADOUR, a%-ec éclat.
Comment, monsieur, vous auriez le courage de tuer un homme après lui avoir ravi sa femme?
ADOLPHE
D'abord, je ne lui ai rien ravi du tout... je le regrette,
MADAME POMADOUR.
J'avais cru pouvoir compter sur vous... j'espérais avoir affaire à un galant homme.
Voyons, madame, raisonnons un peu... Vous me proposez de me laisser larder à discrétion par monsieur votre mari... ce n'èst pas très-aimable, ça.
MADAME POMADOUR.
Mais il a une femme, lui!
ADOLPHE
Mais j'en ai plusieurs, moi !
MADAME POMADOUR.
Alors vous me refusez?
ADOLPHE
Douloureusement!... (a part.) Elle est gentille, mais idame! ..
vil. 12
20r> 2y DEGRES A L'ÛMBKE.
MADAME POMADOUR.
Est-ce que vous savez tirer lépée?
ADOLPHE
Je ne suis pas maladroit... je fais des armes tous lies deux jours... pour maigrir.
MADAME POMADOUR.
Ahl mon Dieu! et Pomadour qui n'y connaît rien.
ADOLPHE
Mais il y a une chose bien simple.. . qu'il renonce à ce duel... je ne lui en veux pas, moi.
Il ne manquerait plus que çal... Renoncer à ce duel... mamtfnant... c'est impossible! il deviendrait la risée de ses amis... et puis, pour moi-même... je l'avoue... ça me flattait.
ADOLPHE
Ah!
MADAME POMADOUR.
Parce que je croyais que vous ne vous défendriez pas.
ADOLPHE
'V^ous êtes bien bonne.
MADAME POMADOUR.
Maif:, au moins... personne ne peut nous entendre... (Avâc mystère.) Me promettez-vous de ne pas lui faire de mal?
ADOLPHE
Oh! ça!... je ferai mon possible... mais je ne puis rien garantir.
MADAME POMADOUR.
Comment ?