SCENE QUATORZIÈME
AMÉLIE
A la bonne heure !... j'aime qu'on mène les choses rondement.
CRAVACIION.
Et quant à cette permission que vous m'avez demandée pour voir le capitaine Doffin, je vais vous la donner.
Il va à la table, à droite.
AMÉLIE, à part.
Ah ! enfin !
CRAVACHON, écrivant.
Demain, à dix heures, les portes vous seront ouvertes.
AMÉLIE
Merci, major.
OLYMPE, bas, à Amélie.
Tu n'y penses pas... II y a ici un autre prétendu auquel tu nuis 1
AMÉLIE, bas.
Ah bah! tu l'aime??
OLYMPE, bas.
Damel tu ne peux pas le remplacer.
AMÉLIE, à part.
A-t-elle peur I
Elle indique par signes à Olympe qu'elle va tâcher d'arrinjjer cela. CRAVACHON, présentant un papier à Amélie. La, voilà la chose... (Amélie prend le papier.) Et, CC Soir, le
contrat.
AMÉLIE, et OLYMPE, à part.
Ce soir!
Major, je suis on ne peut plus flatté de votre alliance Tll. 15.
262 LE MAJOR CRAVACHON.
mais je n'ai pu encore m'expliquer avec mademoiselle, et j'ignore si son cœur...
CRAVACnON.
Laissez donc! eUe vous adorera... un homme qui a eu trois chevaux tués sous le gouvernement, (a sa fliie.) N'estce pas que tu...?
OLYMPE
Mais non, papa.
CR.VYACHON, bas, à Olympe.
Veux-tu te taire!... (iiaut, à Amélie.) Et puis vous me plaisez, ça suffit... Vous avez de ça... c'est tout dire... Au moins, vous, vous saurez protéger votre femme; et, si une figure lui déplaît dans la rue, elle n'a qu'un mot à dire... vous mettez le particulier à l'infirmerie, vous I... Et vous croyez que ça ne flatte pas une demoiselle?
AMÉLIE
Cependant...
CRAVACHON.
Je vous dis que vous êtes mon homme et qu'elle vous chérira... Quant à moi, je suis si heureux de vous avoir pour gendre, que, si vous n'épousez pas ma GHe, je me bats avec vous!... Voyez...