SCÈNE QUATRIÈME
RÉGALAS.
Nous causerons de ça tout à l'heure... Monsieur. .19 rapporte le sac
LEGRAINARD.
Comment !... celui qu'elle a oublié hier dans l'omnibus?
RÉGALAS.
Je me suis permis de l'ouvrir pour savoir à qui il appartenait, j'ai trouvé votre nom, votre adresse... et quarante six francs vingt-cinq; le tout est intact.
Il donne le sac à Legrainard LEGRAINARD.
Ah! monsieur, que de remerciments. (a part.) Je n'ose pa'i lui offrir de récompense... Je vais lui faire une phrase .. (Haut.) Ah! monsieur, ils sont rares dans le siècle où nous sommes, les hommes qui rapportent le sac.
RÉGALAS.
Maintenant que j'ai satisfait aux lois de la probité, parlons de notre affaire.
LEGRAINARD.
Quelle affaire?
RÉGALAS.
Elle a la main vigoureuse, madame votre épouse,
Comment ! c'est vous qui avez reçu...?
RÉGALAS.
Dans l'œil, oui, monsieur.
LEGRAINARD.
Convenez que vous l'aviez bien mérité...
RÉGALAS.
Moi?
LEGRAINARD.
On ne chatouille pas comme ça le pied des dames... à moins d'en avoir obtenu la permission.
RÉGALAS.
Pardon!,,, de quoi me parlez-vous?
LEGRAINARD.
Faites donc l'étonné I pourquoi vous êtes- vous baissé dans l'omnibus?
RÉGALAS.
Parce que ma chienne... une chienne javanaise que j'avais cachée sous la banquette, ne voulait pas rester tranquille ; alors, pour la calmer, je la caressais en lui disant: « Belle petite ! belle petite ! »
LEGRAINARD.
Je comprends, ma femme avait ses souliers fourrés... vous les avez pris pour votre chienne... C'est très-drôle 1 « Belle petite ! » c'est très-drôle !
5ÉGALAS.
Vous trouvez ça drôle?... Mais j'ai reçu un soufflet, montieurl
LEGRAINARD.
C'est une erreur!... D'ailleurs, un soufflet de la main d'une jolie femme...
•^ RÉGALAS.
A b ! eils est jolie, madame votre épouse?
LEGRAINARD.
JoUe, non; gentillette ! Quand par hasard elle s'exerce 6ur ma joue... car c'est sa petite manie... jj ne me fâche pas, moi...