‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 195 sur 303 · RÉGALA · texte numérisé non relu

RÉGALA

tous le lui rendez ?

LEGRAINARC

Ah !.. . non ... Je l'embrasse.

RÉGALAS.

Tiens !

LEGRAINARD, gaillardement.

Un soufflet de femme demande un baiser... c'est us axiome...

RÉGALAS.

Eh bien !... monsieur... ça me va.

Quoi?... qu'est-ce qui vous va?

RÉGALAS.

Je consens à embrasser madame.

LEGRAINARD.

Ma femme ?. . . quelle plaisanterie !

RÉGALAS.

Ne croyez pas que ce soit par dévergondage, au moins... Je n'ai pas l'honneur de connaître madame... elle ne mt dit rien... mais c'est un moyen honorable d'étouffer laf faire...

LEGRAINARD, remontant un peu.

Un moyen ! honorable ! Je m'y oppose... jamalo...

RÉGALAS, passant à droite.

Alors, monsieur, il faudra que nous nous battions.

LEGRAINARD.

Moi? par exemple I

RÉGALAS.

Je ne puis croiser le fer avec madame, vous êtes responsable des faits et gestes de madame votre épouse ; j'ai reçu un soufflet... et devant témoins.

LEGRAINARD.

ûh ! des gens que vous ne connaissez pas.

Pardon 1 j'étais dans l'omnibus avec un de mes amis, un jeune homme d'Épinal. Un Épinalais... ou un Épinalois... comme vous voudrez.

LEGRAINARD.

Moi, ça m'est égal.

RÉGALAS.

Il m'a dit : « Mon cher, si tu gardes cela... tu es un homme perdu... nos camarades le sauront et ils te chasseront de l'atelier. »

LEGRAINARD.

Monsieur est ouvrier ?

RÉGALAS.

Je suis peintre, monsieur.

LEGRAINARD.

Ah!

RÉGALAS.

Je réussis surtout le portrait... Si vous avez quelqu'un, dans vos connaissances, qui désire se faire faire... voici mon prix : à l'huile, c'est quarante francs.

LEGRAINARD.

Eh! monsieur...

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