SCÈNE QUATORZIEME. 3II
RÉGALAS.
J'ai promis à votre fille d'arranger l'affaire.
LEGRAINARD.
Impossible ! Monsieur, les choses suivront leur cours.
Il dépose le plateau sur le guéridon, qu'il place au milieu de Is scène.
RÉGALAS.
Mais si des excuses bien senties...
LEGRAINARD.
Terminons... je suis l'offensé... donc, j'ai le choix des armes, je choisis la tasse blanche, avalez la bleue.
Il tourne le plateau de façon à mettre la tasse bleue du côté de Régalas.
RÉGALAS.
Ah ! elle est bonne, celle-là I
Vous refusez?
RÉGALAS.
Énergiquement... c'est vous qui avez gratté les allumettes... vous connaissez la bonne tasse, je choisis aussi la blanche, avalez la bleue.
Il tourne le plateau à son tour.
LEGRAINARD.
C'est de la mauvaise foi; vous reculez.
RÉGALAS.
Je ne recule pas... je retourne... et je propose qu'una personne désintéressée choisisse pour nous.
LEGRAINARD.
Soit 1 Je vais appeler ma femme.
RÉGALAS.
Ahl nonl elle a gratté avec vous... Je propose mademoiselle votre fille.
LEGRAINARD.
Soit! j'accepte pour en finir, mais pas un mot devant l'enfant... (ii cherche la sounette.) Tiens, où est donc la sonnette ? (En marchant Réf^alas fait résonner la sonnette qui est dans
sa poche.) Je l'entends... mais je ne la vois pas.
RÉGALAS.
C'est drôle, je l'avais tout à l'heure. (La retirant de sa poche.) Ne la cherchez plus, la voici.
Puisque vous avez la sonnette, seriez-vous assez bon, monsieur, pour vouloir bien sonner deux fois, (aégaïas
gonne une fois.) EUCOre. (Régalas sonne.) AsseZ... (Céline parait
et vient au milieu.) Approche, mou enfant, approche! mon sieur a bien voulu me l'aire l'amitié d'accepter une tasse de lait pur... sois assez bonne pour la lui ofi'rir.
CÉLINE
Alors... la paix est faite?
U ÉGALAS.
Mais... à peuprè».
CÉLINE, à Régalaa.
Laciii elle voulez-vous ?
LEGRAINARD.
Pas de signes, (a part.) Si elle me donne la bleue, je ne bois pas.
EÉGALAS, à part.
0 amour, dirige sou choix.
Céline prend la tasse bleue.