‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 220 sur 303 · ACTE PREMIER. 3Î · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. 3Î

EDGARD

Mon ami, entre voisins, à la campagne, ça finit toujours par là.

POTEU.

Us étaient si amis autrefois ! ils avaient fait ouvrir une porte de communication dans le mur qui sépare les deux jardins... les domestiques en profitaient...

EDGARD

Maintenant elle est murée.

POTEU.

Us échangeaient des primeurs... des melons... et les domestiques en profitaient.

EDGARD

Maintenant ils échangent par-dessus le mm* des trognons de chou et des assiettes cassées. Il paraît qu'ils ont des griefs.

Des bêtises ! M. de Blancafort se plaint du chat de M. GaudiLand, qui vagabonde la nuit et se livre à une musique surexcitante... Il nous a priés de le tenir à l'attacne.

EDGARD

A quoi parrain a répondu une lettre très-sèche... « Monsieur, commencez par museler vos pigeons, qui viennent s'ébattre dans mon potager et picorer mes peUts pois «

POTEU.

Les Blancafort se plaignent encore des statues de monsieur.

EDGARD

Ce sont des reproductions de l'antique.

324 UN PIED DANS '.lî CRH.ÏE.

POÏEU.

Le jardin en est plein... madame de Blancafort dit que ça lui fait l'effet comme si qu'elle aurait sous ses fenêtres une école de natation.

EDGARD

Chacun cultive -soa jardin comme ill'entend ! Il convient bien à M. de Blancafort de se plaindre, lui qui a un noisetier qui déborde sur le mur mitoyen d'une façon scandaleuse !

POTEU.

C't :t le mot.

EDGARD

Nous lui dirons deux mots, à son noisetier»:,

Et à ses noisettes.

Page 1