ACTE PREMIER
SUZANNE
Sont modestes... cent francs par mois... mais il y a les cadeaux.
JEAN
Les cadeaux de madame?
SUZANNE, légèrement.
Mais nonl... imbécile!
JEAN
Ah! (a part.) Décidément c'est une cascadeuse... mais, si elle n'a que deux ou trois connaissances... je fermerai les yt^ix sur les autres. (Haut.) Pardon, j'aurais encore quelque chose à demander à madame.
SUZANNE
Quoi?
JEAN
Comme oncle... est-on habillé?
SUZANNE
Entièrement... Il y a, dans cette chambre, un vêtement tout neuf que je venais de faire faire pour le commandeur... vous êtes à peu près de la môme taille... J'ai pour ami un secrétaire d'ambassade qui avait fait obtenir à mon oncle... une décoration étrangère, et, puisqu'elle est restée après l'habit... vous la garderez.
Une décoration?... Je tâcherai de m'en rendre digne.
SUZANNE
Ah! j'y pense i vous ne pouvez continuer à vous appeler Jean... i'oncle Jean... ça sonne mal.
JEAN
Mon Dieu! je sonnerai comme madame voudra.
f4 LES TRENTE MILLIONS DE GLADIATOIL
SUZANNE
OÙ êtes-Yous né?
JEAN
Rue des Arcis...
SUZANNE
Très-biea... vous vous appellerez, le commandeur Jean des Arcis...
JEAN
Commandeur Jean des Arcis... ça sonne les croisades
JULIETTE, entrant du fond.
Madame, le coiffeur vient d'arriver.^
SUZANNE
Ah I tant mieux !
JEAN, à part.
Encore une qui ne ferme pas sa porte.
Il se mouche bruyamment.
SUZ\NNE
Vous êtes agaçant avec votre nez I
JEAN
C'est l'affaire de huit jours... j'ai consulté.
SUZANNE, à Jean.
Allez trouver le coiffeur... vous lui direz de vous arranger une tête honorable... une tête d'oncle, il sait ce que c'est
Elle gagne la droite.
JBAN.
Soyez tranquille... dans cinq minutes, j'aurai l'air d'un portrait de famille.
Il sort par la droits.