ACTE PREMIER
Um «bsjrfhre^ Fappartement des femmes, dans la maison de Tarqain Collaiin, k CoIlati«. ïrois portes , fermées par des tentures , s'ouTreut aa fond sur l'impluvium. ▲ gauche , une porte conduisant à la chambre de Lucrèce : à droite , une autre porte communiquant avec le reste du gynécée. Des siéffss e>t des metsbles de forme antique sont disposés {à et ïk. H est Buijt — Aa lester d« rideau , Lucrèce , une quenouille à la main , est assise près d'une table placée entre elle et sa nourrice. Plusieurs esolares, groupées atrtour de Lucrèce , «ont occupées de divers travaux. Unn lampe sur la4«bte.
SCËI«[Ë PBEMIËREL LUCRÈCE, LA NOURRICE, LAODICE ,
BSGLATES.
LUCRÈCE , à une de ses esclaves.
Lève-toi, Laodiceg et va puiser dans rurne L'huile qui doit brûler dans la lampe nocturne. Les heures du repos viendront un peu plus tard. La nuit n'a pas encor fourni son premier quart , Et je veux achever de filer cette laine , Avant d'éteindre enfin la lampe deux fois pleine.
Laodice se lère, et va cberober de Thuile qu'elle verse dans ia lampe.
LA NOURRICE
Lucrèce , écoutez-moi ; car vous n'oubliez pas Que je vous ai longtemps portée entre mes bras : Votre mère mourut quand vous veniez de naître ; Je vous donnai mon lait sur Tordre de mon maître ; Je ne vous quittai plus ; je bénis le destin Lorsqu'il vous fit entrer au lit de Collatin ; C'est pourquoi laissez-moi parler. — Que vos esclaves Filent pour votre époux les robes laticlaves ; Je les ferai veiller jusqu'au chant de l'oiseau De qui la voix sacrée annonce un jour nouveau. Mais vous , ma chère enfant , suspendez votre tâche : Vous la reprendrez mieux après quelque relâche. Fautril donc que vos yeux s'usent , toujours baissés , A suivre dans vos doigts le fil que vous tressez? Pourquoi vous imposer tant de pénibles veilles ? Cherchez à vous distraire ; imitez vos pareilles ; Et que , de temps en temps , des danses , des concerts y Ramènent la gaîté dans vos foyers déserts.
Quand mon mari combat en bon soldat de Rome , Je dois agir en femme ainsi qu'il fait en homme. Nourrice , nous avons tous les deux notre emploi : Lui , les armes en main , doit défendre son roi ; Il doit montrer l'exemple ^ux soldats qu'il commande ; Mon devoir est égal , si ma tâche est moins grande. Moi , je commande ici , comme lui dans son caipp , Et ma vertu doit être au niveau de mon rang.
La vertu que choisit la mère de famille,