ACTE m
MAKGVEIIITE.
Oh ! vous pouvez m'en croire :
Cette maternité sera ma seule gloire.
AGNÈS
Non , je n'accepte pas ce déyoûment entier.
Sois femme , comme moi , d'un noble chevalier ; De beaux enfants connais , comme moi , la richesse ; Mais entre eux et les miens partage ta tendresse. Plus heureuse que moi , puisses-tu conserver Tout cet enchantement qu'on vient de m'enlever !
— Vous , Guillaume , c'est vous en qui plus tard j'espère Pour exciter mon fils aux vertus de son père ;
A la lance des preux habituez sa main ; Quand il faudra l'armer, servez-lui de parrain. Ah ! je ne verrai pas la belle mine fière Qu'l aura ce jour-là sous sa robe guerrière !
— Ils sont là , tous les deux , le frère avec la sœur ; Je les ai , ce matin , pressés contre mon cœur.
Non , non , je ne veux plus les revoir , car j'ignore Si , les ayant revus , je partirais encore.
— Palais , où je croyais pouvoir finir mes jours , Je te quitte , palais qui gardes mes amours !
— C'est donc fini ! — Pour croître encore mon supplice , De tout ce que je perds je sens mieux le délice ;
Je n'en ai pas jadis assez bien profité ; Je m'abandonnais trop à ma sécurité.
Ah l quand je serai loin , de souvenirs avide , J'envîrai même , un jour, cet adieu si rapide.
— Adieu , palais ! adieu , mon paradis ! défends
De ce qui leur nuirait Philippe et mes enfants !
Adieu ! — La cour des rois chez toi va reparaître ;
Philippe y trouvera d'autres amours peut-être ;
Philippe m'oublira ; mais je l'ignorerai ;
Avant de le savoir, je crois que je mourrai.
— Adieu , toute ma vie ! — Adieu, toute mon âme î
— Je suis prête à présent , Guillaume.
LE MOINE
Bien , Madame 1
FIN DU TROISIÈMB AGTB.