ACTE I. 2Î
Et vengeons-nous des rois , contre la France armés , Par Taffranchissement des peuples opprimés 1 — Quels beaux destins pour nous 1 quelles superbes œuvres ! Quoi ! lorsque nous avons , ô débiles manœuvres 1 La raison pour appui , la France pour levier , Nous ne soulevons pas encor le monde entier 1 Messieurs , si ma parole a votre confiance , Je promets , pour ma part , une franche alliance , Et comme je n'y mets aucun orgueil humain , Je fais les premiers pas , et vous offre ma main.
YERGNIAUD , lui prenant la main.
Je l'accepte , Danton.
PÉTION, aUant à Danton.
Danton , voici la mienne.
DANTON) à Barbaroux , Louret , Baiot , qnl restent Immobilec '.
Et VOUS , messieurs ?
BARBAROUX
Danton, souffre que je m'abstienne.
DANTON
Pourquoi ?
BARBAROUX
Dispense-moi d'un langage offensant.
DANTON
Parle.
I Barbaroux , Lonvet , Boxot , à droite ; madame Roland et les aiitre« CMrondlns , k panobe : Danton an milieu.
BARBAROUX
Eh bien I donc , ta main a des taches de sang.
LODVET.
Oui!
BUZOT
Ouil
DANTON
C'est bien, messieurs ; c'est un complet divorce?
A Barbarouz.
Ah ! tu m'attaques , moi ! — Tu ne sais pas ma force.
Il s'éloigne ayec un geste de menace ; Sieyès l'arrête ; il revient.
Non ; l'on ne dira pas que le ressentiment L'emporte chez Danton sur un bon mouvement.
Barbaroux , nos débats tûront la République.
Ajournons tout au moins un duel impolitique ; Fondons la liberté ; — puis soyons ennemis.
BARBAROUX
On la fonderait mal sur les crimes commis ;
Nous voulons lui donner pour base la justice.
— Qu'elle soit chaste et pure , ou bien qu'elle périsse !
DANTON
Eh I morbleu 1 prenez-vous , avec vos airs décents , Les révolutions pour des jeux innocents ?
Vous ne pardonnez rien au peuple.
Se tournant vers madame Roland.
Je le blâme