‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 142 sur 251 · ACTE I. 23t · texte numérisé non relu

ACTE I. 23t

De ne pas écouter les conseils d'une dame ;

Mais quoi 1 les insurgés hantent peu les salons ;

Nous ne les menons pas ainsi que nous voulons ;

On ne fracasse pas les trônes légitimes ,

Sans que quelques éclats blessent quelques victimes !

— Je n'ai pas commandé les massacres. Pourquoi En jetez-vous toujours tout le crime sur moi ?

LOUVET

premier magistrat , tu les laissas commettre.

BUZOT

C'était les commander, Danton , que les permettre.

BARBAROUX

Qu'as-tu fait , ô Danton , dans ces malheureux jours , De tes éclats de voix si connus des faubourgs ?

DANTON

Est-ce donc que ma voix pouvait être entendue ? Pouvais-je arrêter, seul , une foule éperdue ? Septembre est le forfait de tous. Moi , je sauvais , Courant de tout côté , tous ceux que je pouvais. Septembre I accusez-en Brunswick à notre porte 1 Ah 1 septembre maudit ! — Eh bien ! oui , que m'importe ! J'ai regardé mon crime en face , et l'ai commis ; J'ai brûlé nos vaisseaux devant les ennemis ; J'ai condamné la France à vaincre ou disparaître , A rester république ou bien à cesser d'être.

— Bref , nous sommes vainqueurs , et libres désormais ; Voulez- vous oublier septembre?

232 CHARLOTTE GORDAY.

LOUVET

Non , jay^ais.

DANTON

Vous repoussez la main que je venais vous tendre?

BARBAROUX

Le crime et la vertu ne peuvent pas s'entendre.

DANTON

Soit !

Il s'éloigne , puis arrirë vers la porte du fond :

Vous avez voulu la guerre ; — vous Taurez.

Il sort.

SIEYÈS, aux Girondins.

Jeunes gens ! jeunes gens ! vous vous repentirez.

riN DU PREMIER ACTK.

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