‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 200 sur 251 · CHARLOTTE, L'ENFANT · texte numérisé non relu

CHARLOTTE, L'ENFANT

CHARLOTTE

Viens , mon enfant ! — Bonjour, figure blanche et rose ! Ma vue avec bonheur sur ton front se repose.

— C'est étrange ! toujours les enfants vont à moi ; Je les attire tous , je ne sais pas pourquoi.

A Caen , c'était le fîls d'une pauvre ouvrière , Qui s'était pris pour moi d'amitié singulière ; Il me suivait partout , et , dans les prés voisins , J'ai souvent crayonné pour lui quelques dessins.

La petite fllle, appuyée sur les genoux de Charlotte, prend le ooifteau dont le manche parait ; en In tirant du sein de Charlotte , elle le laise tomber par terre. — Charlotte le ramasse promptement et le remet dans son sein.

Qui croirait qu'exerçant sur Tenfance un tel charme , Je m'apprête à tuer un homme avec cette arme !

l'enfant.

Pourquoi faire avez-vous ce couteau de boucher?

— Faites-moi voir.

CHARLOTTE, repoussant Tenfant,

Non pas!

D'un ion plus doux.

Il n'y faut pas toucher.

— Comment vous nommez-vous?

l'enfant.

Je me nomme Louise.

charlotte.

Où donc est votre mère?

L ENFANT, montrant la jeone femme assise an fond du théâtre.

Elle est là-bas , assise.

L*enfaat joue avec les g^rarlers.

CHARLOTTE

Que la voix des enfants , que l'aspect de leurs jeux Rendent vite le cahne à nos cœurs orageux !

C'est comme un pur matin dont la fraîche rosée Descendrait lentement sur ma tète apaisée.

Bile se lève et fait quelques pas.

— Comme le ciel est bleu 1 — Derrière ces maisons Comme on doit découvrir de vastes horizons 1

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