ACTE ÏV
L'hymen reflfeurira sur nos amours sans trouble.
Lucrèbe fait èncure an moarement.
— Eh ! quoi donc ! Collatin vous a-t-il su charmer ! Mais vous ne l'aimez pas , vous ne pouvez l'aimer. Lucrèce n'aimera qu'un homme qui la vaille ;
Et votre Collatin n'est pas à votre taille ,
Lui qui , du sang royal , s'appelant Collatin ,
N'a pas , malgré son nom , fait peur aiu roi Tarquin !
— Encore un mot : à vous je peux et veux tout dire :
C'est à moi que Tarquin laissera son empire ;
Car je le comprends , seul ; seul , je puis achever
L'édifice royal qu'il tente d'élever.
Ne vous méprenez point sur ma joyeuse vie ;
Par mes amusements mon idée est servie.
À de faciles mœurs les Ronienns façonnés
Apporteront au joug des fronts moins étonnés ,
Et les nouveaux besoins que je leur fais connaître
Forment des courtisans avides db bien-être.
— Nos plans sont faits : Tarquin et moi sommes d'accord :
Je saisirai le sceptre au moment de sa mort ;
Je saurai , comme lui , me passeb des auspices ,
Et déshabittier Rome de ses comices.
— Je serai roiv vous dis-je , et vous , Lucrèce , vous ,
Reine.
Je serai , moi , fidèle à Aibft époux.
Je vous laissai parler , me refusant à croire Qu'on poussât jusqu'au bout cette trahison noire ; Qu'un parent , qu'un ami , qu'un hôte méditât Contre son hôte absent cet énorme attentat ;
Et qu'un dessein si faux pût séjourner dans l'âme , De visiter quelqu'un pour lui prendre sa femme.
— Vous vous trompez. J'estime et j'aime mon mari. Vos dédains à mes yeux ne l'ont pas amoindri ;
Il est plus grand que vous , car de vous il diffère En ce qu'il n'eût pas fait ce que vous osez faire. Enfin , je l'aime assez pour ne divorcer point , Quand ce ne serait pas chose impie à ce point.
— Je ne vous suivrai pas dans votre politique , Étant trop peu versée en affaire publique.
Si j'ai compris pourtant , vous prenez un moyen
Qui n'est ni d'un bon roi , ni d'un bon citoyen.
Il vaut mieux corriger les mœurs que les corrompre ,
Illustrer qu'avilir. — Mais , enfin , et pour rompre ,
Je ne veux point de part à votre royauté.
Méritez d'être roi par plus de loyauté.
Adieu.
SEXTUS
Vous me fuyez !
Je fuis une autre insulte.
SEXTUS
Par l'hospitalité !
Vous en souillez le culte.
SEXTUS
Par mon amour !