ACTE V
Qu'importe Que le corps soit vivant quand la pudeur est morte"^ Tu n'as devant les yeux qu'un corps déshonoré. Pourtant mon âme est pure , et je le prouverai.
— Écoute , Collatin ; — écoutez , vous , {non pèrp ;
Elle prononce , avec une intention plus marquée , le nom de f unius.
— Vous aussi , Junius , — et vous aussi , Val^re. Jurez par votre droite , et donnez votre foi
Que le crime a semé sa vengeance après soi.
TOUS, tendant la main droite.
Nous le jurons.
Sextus , Sextus est le coupable.
C'est lui qui déchaîna cet orage effroyable , Contre moi ; contre lui , — si voua avez du coemr.
RRUTE.
Oh!
COLLATIN
Sextus !
VALERE
Achevez.
Sous un motif trompeur,
Hier, il est venu par l'heure ténébreuse.
Je l'ai reçu. — C'était un hôte. — malheureuse !
La nuit , quand je dormais , il vint droit à mon lit.
Je m'éveille. — Il avait une épée , et me dit ,
A l'endroit de mon cœur portant la lame nue :
« Si vous ne cédez pas , Lucrèce , je vous tue ;
« Et de ce même fer, dans votre sein plongé ,
« J'irai tuer en bas un esclave que j'ai.
« Je l'apporterai mort à côté de vous morte ,
« Et dirai qu'entendant du bruit j'ouvris la porte ;
« Qu'ayant surpris par là votre amour clandestin ,
« J'ai satisfait sur vous mon parent CoUatin.
<x Ainsi , votre trépas fais^int votre souillure ,
« Vous laisserez un corps privé de sépulture. »
BRUTE
Ohl
GOLLATIN.
Perfide Sextus !
LUGRÉTIUS.
déplorable enfant I
VALÈRB.
Détestables Tarquins I
Il s'en fut triomphant.
— Je n'ai pas craint la mort ; j'ai craint l'ignominie. Ma mort à ce moment servait la calomnie ,