‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 56 sur 251 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Et , chargeant l'innocent d'un opprobre étemel , De son impunité flattait le criminel.

— Voilà pourquoi je vis. Une peine m'est due ; Mais justice à chacun sera du moins rendue.

J'ai voulu vivre assez pour qu'on sût aujourd'hui Que la peine est pour moi , mais la honte pour lui.

COLLATIN

Que parles-tu de peine , épouse magnanime I

Ce n'est pas au malheur qu'on la doit , c'est au crime.

Ne te reproche rien ; tu n'as rien fait de bas.

La faute ne peut être où le dessein n'est pas.

Le lit fut profané , mais l'épouse est sans blâme ,

Et l'affront de ton corps n'atteignit pas ton âme.

LUGRÉTIUS.

Redresse-toi , ma fille , et lève ton regard ; Car moi , qui parle en père et qui parle en vieillard , Je te dis que tu peux nous regarder en face.

Toute tache s'en va quand mon baiser l'efTace.

Il la baise ao front.

— Qui blâme quand j'absous ?

Merci , mon père , et toi , Collatin. — Mais il reste un juge.

COLLATIN

Et qui donc?

&e LUCRECE.

Moi.

Je m'absous du forfait , et non pas du supplice. Il ne faut pas qu'un jour, des désordres complice , Mon exemple devienne un prétexte invoqué , Quand aux devoirs d'épouse une autre aura manqué. Vous verrez à punir Sextus , et je l'approuve . Moi , j'ai dit n'avpir pas pr?ii^t la mort ; — jje le prouve.

EUe 0Q fvappe d'un poignard qui était C4CM dan^ f es yôtements

et tombe.

GOLLATIN. '^

Lucrèce 1

LUGRÉTIUS.

Mon enfant 1

GOLLATIN.

Morte!

VALÈRB.

Dieu tout puissant !

BRUTE, àvalère.

Va , cours , amène ici 1q peuple,

Yalère sort.

Brute prend le poignard , qu*il retire du corps de Lucrèce , et le tenant

devant lui.

Par ce sang , Le plus pur qui jamais coula chez une femme , Avant d'avoir été souillé par un infâme ,

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