‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 107 sur 337 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Moi , me sacrifiant à mon amour, — vous , Sire , Sachant sacrifier votre amour à l'empire.

PHILIPPE

Périsse mon empire , avant d'être acheté

Par cette ignominie et cette làclieté !

Que moi, Philippe-Auguste, à qui tu t'es fiée.

Je souffre que jamais tu sois sacrifiée !

Qu'à ce moine brouillon et ce peuple mutin

De mes chères amours je livre le butin !

Que tu sois ma rançon ! Que j'aille dans tes larmes

l?amasser ma couronne, échappée à mes armes '

Que je me sauve seul , ayant fait ton danger.

Sachant te compromettre et non te dégager 1

Et qu'enfin , quand c'est moi qui devrais te défendre ,

A ta protection je veuille me suspendre !

— Ames des chevaliers ! Saint Georges , leur patron ! Que diriez-vous de voir à mon pied l'éperon?

Vous, compagnons d'Arthus, vous, pairs de Charlemagne, Vous tous qui le portiez, est-ce ainsi qu'on le gagne V Certes, tous ces vaillants, à leur tète Richard, Viendraient trancher la nappe au chevalier couard , Eux (jui considéraient que la pire infamie Est de ne pas briser sa lance pour sa mie.

Ah ! je l'avais prévu ! c'est ce que je craignais!

Tu m'aimes, et tu veux »[ue je te (luitte, Agnès!

— Oii 1 luiii.

180 AGNES DE iMERANlE,

Je veux partir ! Je prends tout sur mon compte. Si c'est honteux , moi seule aurai toute la honte. — Permets-moi de partir.

PHILIPPE

Jamais.

AGNÈS

Si. — Je le veux.

Ne me fais pas déjà regretter mes aveux.

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