‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 139 sur 337 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Vive la nation !

DANTON

Jamais ces jeunes gens n'avaient vu la mitraille.

Le seul patriotisme a gagné la bataille.

Et nmi> . qui n>rev<ins un tel cnseiizntMiiont ,

Ne rougirions-nous pas d'un moindre dévouaient?

Ils ont sur nos confins sauvé la RépulMique ;

Mais elle est en danger sur la place publique.

Nous la sauverons , nous , si nous sommes vainqueurs ,

Non plus des ennemis , mais de nos propres cœurs.

Dans l'oubli du passé noyons notre rancune ;

Ne songeons désormais qu'à la cause commune.

Nous sommes tous ici de francs républicains ;

Nul de nous ne prétend rétablir les Tarquins ;

Nul ne veut ramasser le sœptre d'un roi Charle ;

Cromwell , — s'il en est un , — n'est pas celui qui parle.

Quel démon nous excite à nous entr'égorger,

A donner cette fête à l'impie étranger?

Où donc s'arrêtera la discorde civile ,

Si dans le sénat même elle trouve un asile ?

— Prenons garde , messieurs , à ces dissensions ! .le me connais , je crois , en agitations ;

.l'ai vu de près le peuple , et j'en ai l'habitude. Eh bien ! — ne jouons pas avec la multitude ; N'appelons pas le peuple au secours des partis , Si nous ne voulons pas être tous engloutis.

— La lave samoncelle et cherche une ouverture ; La révolution demande sa pâture ;

Tournons vers la conquête , et lançons sur le Rhin Ce torrent, rejeté hors de notre terrain ! Que d'un sublime élan , la France tout entière , Se lève à notre appel , et coure à la frontière ! Rendons aux eimemis , que nous avons chassés , Les envahissements qui nous ont menacés! Répondons à Verdun par un acte énergique ; Que notre coup d'essai délivre la RelLrique ;

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