ACTE I
Et vengeons-nous des rois , contre la France armés , Par raffranchisseinenf des peuples opprimés ! — Quels beaux destins pour nous ! quelles superbes œuvres ! Quoi ! lorsque nous avons , ô débiles manœuvres ! La raison pour appui , la France pour levier , Nous ne soulevons pas encor le monde entier ! Messieurs , si ma parole a votre confiance , Je promets , pour ma part , une franche alliance , Et comme je n'y mets aucun orgueil humain , Je fais les premiers pas , et vous offre ma main.
VERGNIAUD , lui prenant la main.
Je l'accepte, Danton.
PÉTION, aUant k Danton.
Danton , voici la mienne.
DANT ON , Ji Barbaroux , Lonve* , Buzot , qui restent immobiles '.
Et vous , mess'eurs ?
BARBAROUX
Danton, souffre que je m'abstienne.
Pourquoi
n.\NTON.
BARBAROUX
Disi)onPO-moi d'un langage offensant.
DANTON
Parle.
I Barbarou.x , Louvet, Buzot , à droit*^ ; niailanirt RnlnrKl M I^s anfro»; iraniliiis , k pauclu' : OAntnn an milirii.
BARBAROrX.
Eh bien 1 (ionc, ta main a des taches de sang.
LOUVE T
Oui!
BUZOT
Oui !
DANTON
C'est bien, messieurs ; c'est un complet divorce?
A Barharoux.
Ah ! tu m'attaques , moi ! — Tu ne sais pas ma force.
Il s'éloigne avec un geste de menace ; Siey^s rarréto ; il revient.
Non ; Ton ne dira pas que le ressentiment L'emporte chez Danton sur un bon mouvement. Barbaroux , nos débats tùront la République. Ajournons tout au moins un duel impolitique ; Fondons la liberté : — puis soyons ennemis.
BAUBAUOUX.
On la fonderait mal sur les crimes commis ;
Nou-i voulons lui donner pour base la justice.
— (^)u'elle soit chaste el i)ure , ou bien tju'elle périsse!
DA NTON.
Kh ! morbleu ! prenez-vous , avec vos airs décents , Les révolutions pour des jeux innocents? Vous ne ]iiinl(iiuuv. rien ;ni peuple.
Se tournant vers niaiiame Rol.inH.
.le le blâme