‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 167 sur 337 · ACTE II. 2fi · texte numérisé non relu

ACTE II. 2fi

Profanes ou sacrés , les docteurs de la loi Ont été convoqués et consultés par moi ; La Bible a répondu : — Judith de Bélhulie ; Plutarque a dit : — Brutus ; et Corneille : — Emilie.

Elle se tourne vers le portrait de Corneille.

Oh ! si tu revivais , toi de qui le pinceau

A du triumvirat fait un si noir tableau ,

« Et qui ne trouvais point de couleurs assez noires

« Pour en représenter les tragiques histoires , »

Que ne dirais-tu pas de ce triumvirat

Où tu verrais Danton, Robespierre et Marat!

Auprès de chacun d'eux Lépide paraît juste,

Antoine est un grand homme, et c'est un Dieu qu'Auguste.

— ^lais c'est peu d'un vengeur. Je suis seule ; ils sont trois. Leurs crimes presque égaux embarrassent mon choix. Duquel des trois faut-il fi'abord purger la terre? Lequel frapper, — Marat, Danton, ou Robespierre? Marat, surtout, Marat, si j'en crois mes instincts! Mais je veux m'entourer d'enseignements certains. Point de hâte. L'honneur d'une telle pensée

Est d'être gravement pesée et balancée.

— II fait jour; j'entends Marthe au bas de l'escalier; Allons , occupons-nous du travail journalier.

Avant de sortir, elle reçrarde encore le portrait de Corneille

Corneille, mon aïeul, (u seras contciil. — l'iacc, Kmilie et Cinna ! je suis de votre race.

Elle sort.

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