ESCLAVES
Ll' GRECE, à une de ses esclaves.
Lève-toi , Laodice , et va puiser dans l'urne L'huile qui doit brûler dans la lampe nocturne. Les heures du repos viendront un peu plus tard. La nuit n'a pas encor fourni son premier quart , Et je veux achever de filer cette laine, Avant d'éteindre enfin la lampe deux fois pleine.
Laodice se lève, et va chercher de l'huile qu'elle verse dans la lampe.
LA NOURRICE
Lucrèce , écoutez-moi ; car vous n'oubliez pas
Que je vous ai longtemps portée entre mes bras :
Votre mère mourut quand vous veniez de naître ;
Je vous donnai mon lait sur l'ordre de mon maitro ;
Je ne vous quittai plus ; je bénis le destin
Lorsqu'il vous fit entrer au lit de CoUatin ;
C'est pourquoi laissez-moi parler. — Que vos esclaves
Filent pour votre époux les robes laticlaves ;
Je les ferai veiller jusqu'au chant de l'oiseau
De qui la voix sacrée annonce un jour nouveau.
Mais vous , ma chère enfant , suspendez votre tâche :
Vous la reprendrez mieux après quelque relâche.
Faut-il donc que vos yeux s'usent , toujours baissés ,
A suivre dans vos doigts le fil que vous tressez?
Pourquoi vous imposer tant de pénibles veilles ?
Cherchez à vous distraire ; imitez vos pareilles ;
Et que , de temps en temps , des danses , des concerts ,
Ramènent la gaîté dans vos foyers déserts.
Quand mon mari combat on bon soldat de Rome , Je dois agir eu femme ainsi ([u'il fait en homme. Nourrice , nous avons tous les deux notre emploi : Lui , les armes en main , doit défendre son roi ; 11 doit montrer l'exemple aux soldats qu'il commande ; Mon devoir est égal , si ma tâche est moins grande. Moi , je commande ici , comme lui dans son camp , Et ma vertu doit èlr(> au niveau de mon rang. La vorlu (juc choisit la mère de famille,