ACTE IV
Vous faites les héros, et l'athéisme abject Fait le tyran cruel et le lâche sujet.
D'accord ; et je partage en tout point ta doctrine; Encor faut-il du temps avant qu'on l'enracine. Les enfants grandiront sans doute , et leur raison Portera d'heureux fruits , quand viendra la saison ;
Il s'ineUiie vers Robespierre.
Mais le peuple actuel , qm manqua de bons maîtres,
Nous peut en attendant jeter par les fenêtres.
— Je ne vois rien d'où sorte un prochain résultat;
J'entends le philosophe et non l'homme d'Etat.
J'ai peur qu'à dire vrai tes regards ne se noient
Dans un fond vaporeux dont les lignes ondoient,
Et que tous ces grands mots, bonheur, vertu , raison ,
Dont la demi-lueur flotte sur l'horizon ,
N'éclaire qu'une vague et fausse perspective
Qu'on voit s'évanouir aussitôt qu'on arrive.
Il G B E s P I E R R E , se lovant et allant à Danton.
Oui, je sais que ces mots excitent tes dédains; Ils faisaient avant toi rire les Girondins,
l! revient vers la tatilo.
Tous les ambitieux ont eu cette méthode ; Le matérialisme à leurs plans est commode ; Corrompus, corrupteurs, ils avaient observé Qu'on asservit sans peine un peuple (ir'[iravé. César, (pii méditait l'esclavage de Home, Soutient (Qu'après la niort rien ne survit à l'homme;
nt CHARLOTTE COHDAY.
Mais Socrale mourant entretient ses amis Des immortels destins que Dieu nous a promis. — Je sais aussi , je sais que la vertu succombe ; Le chemin du devoir est celui de la tombe. Haï , calomnié dans ses meilleurs desseins , L'homme intègre est toujours entouré d'assassins. Eh bien ! je m'abandonne à leur main scélérate ; Je boirai , sans regret , la coupe de Socrate.
Il se rassied.
DANTON, toujours debout.
On ne te l'offre pas. — Voyons , parle , Marat.
M AU AT, toujours assis.
Ah ! tu t'abaisses donc jusqu'à moi , frère ingrat? Et Marat n'est donc plus ce maniaque acerbe Qui compromet les plans de Danton le superbe !
Kegardant Robespierre. Regardant Danton.
Je ne suis ni cafard, ni faiseur de discours.
Et vais tout droit au but par des chemins très-courts.
Eh bien ! la liberté ne sera pas fondée ,
Si l'on ne suit ma simple et lumineuse idée.
On la connaît déjà ; je l'ai dans mes écrits
In(li(|uée aux penseurs et non aux beaux-esprits.
— 11 faut qu'on nomme un chef, un tribun militaire,
Un (lictaleur ; le nom ne fait rien à l'affaire ;
Il faut que ce tiibun , entouré de licteurs ,
llechcrche et mette à mort tous les conspirateurs ;
De crainte des abus , que son unique tâche
Soit (le faire tomber les tètos sous la hache.
Et quMUi boulet aux i)ieds, insigne du pouvoir,