‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 230 sur 337 · D A> TON · texte numérisé non relu

D A> TON

Le poignard de Brutus chargea ces mains débiles !

CHARLOTTE

Cette voix déchaîna les tempêtes civiles!

D A î\ T O ÎS , se rapprochant encore de Cliarlutte.

Vous avez une grâce à demander?

C U A II L O T T E , prenant deux lettrci sur la taMc , et les présentant à Danton.

Voici Deux lettres que je viens d'écrire : celle-ci , Pour Barbaroux; cette autre est pour ma vieille aïeule. On peut lire; on verra que j'ai conspiré seule.

— J'attends du comité, généreux envers moi , Qu'il daigne, après ma mort, en permettre l'envoi.

DANTON', prenant les lettres.

Donnez; et fiez-vous, sans crainte, à ma promesse. Toutes deux , je le jure , iront à leur adresse.

— J'étais au tribunal , et j'ai tout entendu , Charlotte. Vous avez fièrement répondu.

J'ai désiré vous voir ; j'ai pensé que peut-être Vous auriez quelque envie aussi de me connaître. Nous devons nous comprendre. — Enfin , je vous le dis,

charlotte fait un mouvement.

Vous m'avez remué; j'aime les gens hardis. — S'il est une faveur (pii d'un homme dépende. Vous iHjiivez, ô Charlotte, en faire la demande : Que j(> per(i(> mon nom , si l'on n'y fait y)as droit!

CHARLOTTE

J'accepte , et je demande une réponse.

DANTON

Soit.

CHARLOTTE

Que font les Girondins dont j'ai servi la cause? — Sont-ils victorieux?

DANTON

Demandez autre chose.

Répondez! c'est promis. — Sommes-nous vainqueurs?

DANTON

Non.

Vos amis ont été vaincus près de Vernon.

CHARLOTTE

0 Dieu! — Mais on pourra recommencer la lutte?

DANTON

C'en est fait : cet échec a consommé leur chute.

CHARLOTTE, après un sil,>nce.

Encore un mot , Danton. — Quel est l'effet produit Par la mort de Marat?

DANTON

Entondez-vous ce bruit?

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