‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 25 sur 337 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

TULLIE

Ils sont partis ; Et je rappelle en vain mes sens anéantis. J'entends encor Sextus , et j'entends encor Brute. L'un me foule à ses pieds , lui qui causa ma chute ; Lui , qui de ma ruine est le premier auteur, C'est lui qui le premier est mon accusateur.

— L'autre... Prodige affreux gonflé de noirs présages ! Pour dicter mon arrêt , les fous deviennent sages. Qu'il m'a paru grandi , quand sur mon front courbé , Grave comme la loi , son langage est tombé !

Oh ! non , ce n'était plus la voix de la démence ; C'était l'écho profond de quelque oracle immense , De Junon , (pii préside à la foi du serment , Et ne la souffre pas enfreinte impunément.

— On dit que quand les dieux, sous la forme vivante, Veulent aux cœurs mortels soufller une épouvante , Ils empruntent les traits des enfants et des fous ^

Afin que la tcnriir soit plus grande pour nous.

— Ce fut ainsi. J'en crois cette horreur surhumaine Qui , jusque dans ma gorge , a glacé mon haleine. I-e ciel même a parlé , le ciel qui veut ma mort Pour se justifier de son courroux qui dort.

— Je lui dois obéir.

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