I.'amour va revenir et le lire perdu
HORACE
Aux amis négligés je vais être rendu ;
Je pourrai respirer le frais sous ma tonnelle ,
Sans craindre qu'un retard m'attire une querelle.
LYDIE, d'une ton passionné.
Oh ! viens, cher Calaïs ! Je compte les moments. Mon cœur bondit déjà vers tes embrassements. Vénus n'est plus à Chypre ; elle est toute eu mes veines. Viens , ami ! C'est pour toi que fument les verveines , Pour toi que ces rideaux , mystérieux remparts , Du passant indiscret repoussent les regards. C'est pour toi (|ue luira d'une clarté voilée , Pour toi que s'éteindra la lampe reculée.
Regardant Horace.
— Est-il ému?
Continuant , comme si elle jiarlait à Calaïs.
Viens donc ! que fais-tu loin de moi ! Ton image est ici , Calaïs ; j(! le voi , Je te parle. — 0 bonheur, qu'envîraient les déesses ! Les dieux , j'en suis certaine . ignorent ces ivresses. J'oublie , en te voyant le monde disparu. Je brûle. Un feu subtil ilans ma veine a couru.
Regardant Horace.
— 11 ne dit rien.
Je sens les frissons de la fièvre.
Je n'entends plus. Ma voix expire sur ma lèvre. iNFon œil s'éteint, noyé dans d'immidc^s iangiuMM'S. .le pâlis. Je chancelle. 11 semble (pie je meurs.