‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 297 sur 337 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

Même, c'est singulier, en regardant de près, Je trouve un certain air d'Ulysse dans vos traits, Et lorsque vous parlez, illusion plus grande ! Il semble que ce soit Ulysse que j'entende.

ULYSSE

C'est que tous vos esprits de lui sont possédés ; Vous le voyez partout; partout vous l'entendez.

— J'étais bien plus âgé que le fils de Laërte ; Que ne suis-je pareil ! je serais plus alerte.

Oui , vous avez raison ; partout je crois le voir.

— Laissons cela ; songeons à vous bien recevoir.

A Euryclée.

Nourrice...

ULYSSE

Oli ! j'ai besoin de bien peu ; je n'implore Qu'un abri dans un coin où j'attendrai l'aurore.

PÉNÉLOPE

Laissez faire, à mon gré. — Savcz-vous, ô vieillard , Ce que me dit Ulysse, au moment du départ?

ULYSSE

Non.

PÉNÉLOPE

Il me dit, ayant mis sa main dans la mienne : Je ne sais si les Dieux voudront que je revienne; Les Troyens sont , dit-on , adroits aux javelots, Et peu de nos guerriers repasseront les flots.

— Toi , maintiens la maison dans un état prospère; Prends soin, plus que jamais, de Laërte, mon père.

U ULYSSE

ULYSSE

Et vous avez sans doute agi selon ses vœux?

Oh! oui; j'ai redoublé de soins affectueux.

ULYSSE

(^est une piété, reine, qui vous honore!

PÉNÉLOPE

Élève notre fils, ajouta-t-il encore; Fais en un vaillant chef...

ULYSSE

Vous avez réussi.

PÉNÉLOPE

Et si des voyageurs se présentent ici ,

Songe à moi, qui serai loin de tout ce que j'aime ,

Et fais-leur bon accueil par égard pour moi-même.

— Vous voyez donc , vieillard , qu'en m'occupant de vou^, .le me montre fidèle au vœu de mon époux.

ULYSSE, ;i pai-t, levant les mains au ciel.

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