ACTE
Même, c'est singulier, en regardant de près, Je trouve un certain air d'Ulysse dans vos traits, Et lorsque vous parlez, illusion plus grande ! Il semble que ce soit Ulysse que j'entende.
ULYSSE
C'est que tous vos esprits de lui sont possédés ; Vous le voyez partout; partout vous l'entendez.
— J'étais bien plus âgé que le fils de Laërte ; Que ne suis-je pareil ! je serais plus alerte.
Oui , vous avez raison ; partout je crois le voir.
— Laissons cela ; songeons à vous bien recevoir.
A Euryclée.
Nourrice...
ULYSSE
Oli ! j'ai besoin de bien peu ; je n'implore Qu'un abri dans un coin où j'attendrai l'aurore.
PÉNÉLOPE
Laissez faire, à mon gré. — Savcz-vous, ô vieillard , Ce que me dit Ulysse, au moment du départ?
ULYSSE
Non.
PÉNÉLOPE
Il me dit, ayant mis sa main dans la mienne : Je ne sais si les Dieux voudront que je revienne; Les Troyens sont , dit-on , adroits aux javelots, Et peu de nos guerriers repasseront les flots.
— Toi , maintiens la maison dans un état prospère; Prends soin, plus que jamais, de Laërte, mon père.
U ULYSSE
ULYSSE
Et vous avez sans doute agi selon ses vœux?
Oh! oui; j'ai redoublé de soins affectueux.
ULYSSE
(^est une piété, reine, qui vous honore!
PÉNÉLOPE
Élève notre fils, ajouta-t-il encore; Fais en un vaillant chef...
ULYSSE
Vous avez réussi.
PÉNÉLOPE
Et si des voyageurs se présentent ici ,
Songe à moi, qui serai loin de tout ce que j'aime ,
Et fais-leur bon accueil par égard pour moi-même.
— Vous voyez donc , vieillard , qu'en m'occupant de vou^, .le me montre fidèle au vœu de mon époux.
ULYSSE, ;i pai-t, levant les mains au ciel.