‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 298 sur 337 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Non , je n'y puis consentir.

Restez chez nous, plutôt que d'errer par le monde ; Vous finirez vos jours dans une paix profonde ; Rien ne vous manquera , ni pain , ni vêtement , Et nous pourrons causer d'Ulysse longuement. J'entendrai votre voix à la sienne pareille.

ULYSSE

Mais...

PÉNÉLOPE

Puis mon fils est jeune ; il faut qu'on le conseille ; Les leçons d'un vieillard auront plus de crédit.

— Restez chez nous !

ULYSSE

Eh bien!... oui... peut-être...

PÉNÉLOPE

C'est dit.

A Euryck'c.

Noiu'rice, fais dresser, dans une cliamhro clnjc , Un bon lit bien couvert, où mon hôte repose. Tu reviendras ensuite, et dans l'un des trépieds Tu feras chauffer l'eau pour lui laver les pieds.

Euryelée sort avec Euryiiome et deux autres suivantes.

Jima;j;ine (lu'Ulysse erre en des solitudes,

Et qu'il a comme vous les pieds et les mains rudes.

La vieillesse vient vite à qui souffre souvent.

— Mais , non... je ne crois pas qu'Ulysse soit vivant.

Klle va se i-assc iv

56 ULYSSE

ULYSSE

0 reine, si les Dieux (le cloute est une offense) Aiment la chaste épouse et prennent sa défense; S'ils sont reconnaissants des soins hospitaliers Que reçoit le vieillard admis à vos foyers; S'il est une justice, et si nous devons croire Que le bon droit vainqueur tourne à leur propre gloire; Croyez, reine, croyez que ces Dieux tout-puissants Ne vous délaissent pas, quoiqu'ils semblent absents.

E U R Y C L É E , rentrant brusquement.

Les prétendants!

PÉNÉLOPE

0 ciel !

EURYCLÉE

Ils montent tous ensomblo.

On entend Icmus clanu'urs dont le portique tremble.

ULYSSE

Les prétendants!

EURYCLÉE, écoutant à la p.irte.

Quel bruit!

T É L É M A Q U E , à rénélopo .

Nous VOUS protégerons ; N'ayez peur, .le suis d'âge à venger vos affronts.

PÉNÉLOPE

Gardez-vous bien, mon fds, d'exciter leur colère! Ils sont plus forts que vous. —Partez! [lartez !

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