‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 306 sur 337 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Comment l'on l'a reçu; si rien ne te fait faute. Es-tu satisfait?

ULYSSE

Oui. prince ; un bon lit m'attend.

TÉLÉMAQUE

Approche ici ; je veux te parler un instant.

Ulysse et Tiîlémaquc se retirent un peu à l'écart,

Avez-vous quelque chose à m'ordonner, mon père?

ULVSSE.

Demain nous combattrons et vaincrons, je l'espère.

— Dans la salle aux festins sont des armes ; prends-les ; Va les cacher, là-haut, sous le toit du palais ;

Et si les prétendants , ne voyant plus les glaives , Viennent à demander pourquoi tu les enlèves , Réponds-leur doucement : C'est pour les repolir, Car l'épaisse fumée est prompte à les salir ; Ou bien : Comme l'ivresse engendre des disputes , J'avais peur que le fer n'ensanglantât vos luttes.

— Pour toi seul , cependant, laisse sur un pilier Une épée , une pique , avec un bouclier.

TÉLÉMAQUE

Oui , mon père.

ULYSSE, levant un iluigt en l'air.

Aussitôt que tu verras ce geste , Mets répée à la main. Pallas fera le reste.

TÉI.É.MAQUE.

Ah ! je brùlc déjà de signaler mes coups ,

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Et de vous faire voir un fils cligne de vous.

Oh! quel honneur pour moi, mon père! Quelle gloire

D'emporter sous vos yeux ma première victoire !

On ne me dira plus que je suis un enfant;

Je suis le compagnon d'un héros triomphant ;

Je combats près d'Ulysse; il m'appelle à son aide ,

Lui qui connut Achille , Ajax et Diomède !

Je vais laver enfin nos affronts dans le sang !

Oh ! quel beau jour, mon père ! Oh ! que n'est-ce à présent !

U L V s s E , regardant son fils avec satisfaction.

Bien ! — Mais parle plus bas. — A demain.

T É L E M .\ Q u E , se rapprochant du chœur, à voix haute.

Je confesse, Vieillard, que tu m'as su répondre avec sagesse. Je concevais sur toi quelques fâcheux soupçons; Mais tu les as détruits par de bonnes raisons.

A Euryclée.

Conduis-le vers son lit pour qu'il fasse un bon somme.

u sort.

EURYCLEE , accompagnant Ulysse et lui pai-Iaut à voix basse.

0 mon maître! mon maître!

Ulysso lui jette un coup d'œU qui la fait taire; puis elle reprend ù haute VOIS :

Allons, venez, bonhomme !

Elle sort avec Ulvsse.

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