‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 316 sur 337 · SCÈNE IIÏ · texte numérisé non relu

SCÈNE IIÏ

Les Mêmes, PENÉLTIPE, tenant rare d'Ulysse , et suivie de ses femmes qui portent le carquois et les anneaux.

ANTINOUS

Pourquoi tient-elle un arc à la main''

AMPIIINOME.

Ecoutons.

PÉNÉLOPE

Vous qui siégez, mangeant nos bœufs et nos moutons, Buvant le vin dUlyssi» el poursuivant sa veuve, Prétendants, je vous viens proposer une épreuve, .le me suis décidée à choisir un époux, Pour que mon fils enfin soit délivré de vous; Mais lequel choisirai-je, et comment, à quel signe, Saurai-jo distinguer letpiel est le plus digne? Si je m'en rapportais à n)es yeux, j'aurais peur

De juger faussement, car l'aspect est trompeur.

Que faire donc? — Kh bien ! je vous ouvre la lice;

Disputez-moi : celui qui tendra l'arc d'Ulysse,

Et qui fera passer un trait bien décoché,

Par douze anneaux d'airain , sans qu'aucun soit louché,

Celui-là deviendra mon mari; pour le suivre

Je quitterai ce toit où j'aurais voulu vivre,

Ce toit qu'en mon exil je pleurerai souvent,

Et que je n'oublîrai jamais , même en rêvant.

Elle regarde Ulysse, qui l'encourage d'un signe,

— Il faut pour tendre l'arc , il faut pour viser juste. Être adroit comme Ulysse, et comme lui robuste; Mais je ne puis sans honte, après Ulysse mort. Choisir un autre époux moins adroit et moins fort.

Reine, nous acceptons l'épreuve proposée; Car le prix sera beau, si l'œuvre est malaisée.

Les prétendants se lèvent et se consultent.

TELÉMAQUE, venant vers Pouélope.

Ma mère, vous pouvez rester à mon foyer; Je suis loin do m'en plaindre et de vous renvoyer. Tous les honnêtes gens m'appelleraient impie, Si je renvoyais celle à qui je dois la vie. Vous pouvez donc rester ici comme chez vous. S'il vous plaît cependant de suivre un autre époux, Jo ne puis m'opposer, ma mère, à votre idée, Car la saine raison vous a toujours guidée.

— Allez donc, prétendants, montrez votre vigueur. Le prix est de nnture ;\ vous donner du cœur;

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