T IL LIE
Oui , moi-même.
Je viens vous demander un entretien su[)rême. Je veux savoir , Sextus , sur quoi je dois compter, Quel rang dans votre estime il me faut accepter , Si je vous touche encore , ou bien si , dédaignée , Je n'ai plus qu'à courber ma tête résignée. — Quelle est votre pensée enfin?
SEXTUS
^lon sentiment Est que cette démarche est faite imprudemment ,
Tullie. Avez-vous bien songé que Taventure Aux discours du pul)lic vous livrait en pâture , Que votre nom en souffre
TULLIE
Eh ! laissez là mon nom ; N'en prenez pas souci quand j'en fais abandon ; Vous étiez sur ce point dans une paix parfaite, Et vous ne l'invoquez que comme une défaite.
— Répondez franchement , et sans lâche détour : Qu'étais-je avant pour vous , et que suis-je en ce jour ? Parlez. Un mauvais acte est une double honte
Pour qui l'ose commettre , et n'ose en rendre compte.
— Si vous ne m'aimiez point , si ce n'était qu'un jeu , Ayez au moins le cœur de m'en faire l'aveu ;
Soyez bravement traitie ; assassinez en face ,
Et non comme un \oleur qui dans l'ombre s'efface.
— Parlez donc.
SEXTUS
.l'y consens. Puisque vous le voulez , Mes secrets sentiments vous seront ré\élés.
— .le n'affectai jamais cette vertu sévère
Que dans l'ancien Numa notre histoire révère ; Je n'ai point hérité d'un père et d'un aïeul L'appétit du pouvoir pour le pouvoir lui seul. .le ne veux la puissance et ne veux la richesse Que pour les atteler au ciiar de ma jeunesse , Et plus vite arriver jiar ces coursiers sans frein Au bout des voluptés (|ui bordent mon terrain. Partout oii \v |)laisir s'olTre à ui(»i , je le cueille , Soit (|u"il pende aux festons de lierre , don! la feuille ,