ACTE'I
Que vos nobles étaient votre plus ferme iippui , Et qu'à son tour le Roi préserverait d'offense Ceux (pii savent verser leur sang pour sa défense.
l'KI Ll l'I'E.
Je te comprends, Guillaume, et la cause des preux A[)partient à bon droit au plus brave d'entre eux ; .Mais, sans que nous soyons ingrat pour nos fidèles. Nos écoles aussi valent qu'on ait soin d'elles. J'en ai besoin, vois-tu , pour ce que j'entreprends. Nous comptons dans l'État trop d'États différents , El mon sceptre se brise aux justices sans nombre Que les murs féodaux enferment dans leur ombre. — Laisse aller mon école , et lorsque autour de moi J'aurai du droit romain ressuscité la loi , On verra par degrés, de frontière en frontière , S'élargir sur le sol ce cercle de lumière , Qui , par le seul pouvoir propre à la vérité , Dans la confusion portera l'unité , Et grandira toujours , en sorte que tout rentre Dans l'enceinte légale , ayant le Roi pour centre.
GUILLAUME
Sire , les rois de France; ont rusag(^ hautain De compter sur Tépée , et non sur le latin.
1' M IL Il> I' K.
Tu vois, à la façon dont elle est occupée. Que je ne laisse pas se rouiller mon ('pée.
112 AGiNES DE MERANil-.
Mais je ne ine bats puint comme un simple joutem- ; Je suis un conquérant pour être un fondateur, Et veille également à l'œuvre que j'élève , La loi dans une main , et dans l'autre le glaive.
— Pour le règne des lois en vain je combaltrai , Si par l'enseignement je ne l'ai préparé ;
Le progrès des esprits , qui paraît insensible , Plus que tous les vainqueurs est pourtant invincible , Et je travaille mieux contre mes grands vassaux Par l'Université que par bien des assauts. C'est peu que la science ait chez nous se» oracles ; Je veux que tous les arts étalent leurs miracles , Afin que cette pompe , inconnue avant moi , Entre les autres cours marque la cour du Roi , Et que les yeux frappés , à ce brillant cortège Du pou\oir souverain reconnaissent le siège. Ce sera ; — je le veux. J'ai toujours réussi. Charlemagne l'a fait; je le puis faire aussi.
— Allons, embellis-toi, Paris, ma capitale! Élevez-vous, palais du Louvre, et cathédrale! Collèges , trésoriers du savoir et des arts , Hôpitaux, afjueducs, halles, pavés, remparts. Faites-nous un Paris , rival d'Aix-la-(Uiapelle , Et digne d'être un centre à la France nouvelle !
— Fais sonner le départ.
GUILLAUME , désignant les ohi-valiors qui sont dans la cniiv.
Sire, ils disaient entre e\ix Qu'un rcLi;nr(l de la Reine est un présage Iieureux ; lis voudraient voir la Reine.