SCENE VIÏI Le prince, MARINELLI, les précédents
le prince. (En entrant.) Qu'est-ce ?. . . Emilia se trouve ^al?
odoardo. Au contraire!... Au contraire!...
le prince. ($'' approchant.) Que vois-je? Horreur!
marinelli. Malheur à moi !
le prince. Père cruel, qu'avez-vous fait?
odoardo. J'ai brisé la rose avant que la tempête l'eût effeuillée... N'est-ce pas ainsi, ma fille?
emilia. Ce n'est pas vous, mon père... C'est moimême. . . , moi-même.. .
odoardo. Non pas toi, ma fille... non pas toi! Ne
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t'en va pas de ce inonde avec un mensonge. Non pas toi, ma fille! C'est ton père, ton infortuné père !
emhja. Ah ! mon père ! (Elle meurt : il la pose doucement sur le sol).
odoaedo. La voilà!... EJJt maintenant, prince! Vous plaît-elle encore? Excite -t-elle encore vos désirs? Encore, dans ce sang qui crie vengeance contre vous? (Après un silence.) Mais vous attendez la fin de tout ceci. Vous attendez peut-être que je tourne l'acier contre moi-même, et que je finisse mon action comme une fade tragédie... Vous vous trompez. Le voici... (Il jette le poignard à ses pieds.) Le voici, le témoin sanglant de mon crime! Je pars, je vais me constituer prisonnier. Je pars et je vais vous attendre comme juge... et puis là-haut, je vous ajourne devant notre juge à tous !
le prixce. (Après un moment de silence, pendant lequel il contemple le cadavre, avec horreur et désespoir, à Marinelli.) Là, le poignard, ramasse-le... Et bien! tu hésites?... Misérable! (Il lui arrache le poignard des mains.) Non, non, ton sang ne doit point se mêler à ce sang... Va-t'en, dérobe-toi à mes yeux pour toujours! Va-t'en, te dis-je. — Mon Dieu! mon Dieu ! Ne suffit-il pas pour leur plus grand malheur, que les princes soient hommes, faut-il encore que le démon s'incarne dans leurs amis !