NATHAN. QUOI
saladin. Que leur père n'était pas de l'Allemagne, qu'il n'était pas Allemand. Qu'était -il donc? D'où était-il?
nathan. Il n'a jamais voulu me le confier. Je ne sais rien là-dessus de sa bouche.
saladin. Et ce n'était pas non plus un Franc; il n'était pas de l'Occident?
nathan. Oh! il est certain que non... Il parlait au mieux le persan...
saladin. Le persan? Le persan? Que me faut-il de plus?... C'est lui! C'était lui!
NATHAN. Qui?
saladin. Mon frère ! c'est certain ! Mon Assad ! C'est tout à fait certain.
nathan. Eh bien, puisque tu Tas deviné de toi-même, prends-en l'assurance dans ce livre. (Il lui tend le bréviaire.)
saladin (le parcourant avidement). Ah! c'est son écriture; je la reconnais.
nathan. Ils ne savent encore rien... C'est à toi qu'il appartient de leur en apprendre ce que tu voudras.
saladin (après avoir feuilleté le livre). Ne pas reconnaître les enfants de mon frère!... mes neveux!... mes enfants!... Moi! ne pas les reconnaître? Moi! Te les laissera toi? (Haut.) Ce sont eux ! ce sont eux, Sittah ! Ce sont eux ! Tous deux sont les enfants de mon frère, du tien... (Il court les embrasser.)
sittah (le suivant). Qu'est-ce que j'entends!.. Pouvait-il en être autrement?
saladin (au Templier). Maintenant, mauvaise tête, te voilà forcé, oui, forcé de m'aimer (A Récha). Et maintenant, me voilà ce que je t'offrais d'être, et que tu le veuilles ou non.
sittah. Moi aussi, moi aussi!
saladin {au Templier). Mon fils ! mon Assad, fils de mon Assad !
le templier. Moi, de ton sang ! Ainsi donc ces rêves dont on a bercé mon enfance, c'étaient... plus que des rêves ! {Il se jette à ses pieds.)
saladin {le relevant). Voyez le mauvais ! Il en savait quelque chose, et il a voulu faire de moi son assassin. Attends! {Ils s'embrassent de nouveau. — Le rideau baisse.)