SCÈNE VI MELLEFONT, MARWOOD, ARABELLA, HANNAH
maewood. Pourquoi déjà de retour, Mellefont ? {Elle se lève.)
mellefont (avec emportement). Parce que je n'ai eu besoin que de quelques instants pour revenir à moi.
maewood. Eh bien?
mellefont. J'étais troublé, Marwood, mais non convaincu. Vous avez perdu toute votre peine. Un autre air que l'air contagieux de cette chambre m'a rendu forces et courage, pour dégager à temps encore mes pieds de ces dangereux enlacements. Les infâmes intrigues d'une Marwood m'étaient-elles encore si peu connues ?
maewood (avec vivacité'). Quel est encore une fois ce langage?
mellefont. C'est le langage de la vérité et de l'indignation.
maewood. Doucement , Mellefont , ou j'adopterais moi-même ce langage.
mellefont. Je ne reviens que pour ne pas vous laisser un instant de plus, à mon endroit, dans une erreur qui me rendrait méprisable à vos propres yeux.
ABABELLA (crainûwemefU). Ah! Hannah...
mellefont. Regardez-moi avec toute la fureur que vous voudrez ; plus vous serez furieuse , mieux cela vaudra. Est-il possible que j'aie hésité un instant entre une Marvood et une Sara, et que j'aie failli me décider pour la première ?
aeabella. Ah ! Mellefont ! . . .
mellefont. Ne tremblez pas, Beila, c'est pour vous aussi que je suis revenu. Donnez-moi la main et suivezmoi courageusement.
maewood (les arrêtant tous deux). Qui doit-elle suivre, traître?
mellefont. Son père.
maewood. Attends, misérable, et apprends d'abord à connaître sa mère.
mellefont. Je la connais. Elle est la honte de son sexe.
maewood. Emmène-la, Hannah !
mellefont. Demeurez, Bella. (Il la veut retenir.)
maewood. Pas de violences, Mellefont, ou... (Hannah et Ar libella sortent.)